Un rapport d’étude du Fond Monétaire International, publié en février 2024, a révélé que le nombre des travailleurs chinois en Afrique était en chute depuis 2015. L’analyse intitulé « Naviguer dans le paysage évolutif des engagements économiques de la Chine et de l’Afrique » (en anglais) couvre les engagements économiques chinois en Afrique depuis 2001.
Le rapport révèle notamment que le nombre des travailleurs chinois est en chute en Afrique à cause du ralentissement des investissements chinois dans le secteur de la construction en Afrique et de la pandémie du Covid en 2020.
Le nombre des travailleurs était intimement lié aux revenus des entreprises chinoises dans le secteur de la construction en Afrique. En 2015, ce nombre avait atteint son pic avec 263.000 travailleurs chinois en Afrique.
Il sied de préciser que ces chiffres n’intègrent uniquement que les chinois venus travailler pour les entreprises chinoises de construction en Afrique et ceux envoyés travailler pour des entreprises locales. Ce nombre ne saurait donc pas être confondu avec le nombre total d’immigrants chinois en Afrique qui devrait être largement plus élevé.
Toujours selon le rapport, en 2019 le gros des travailleurs chinois en Afrique se concentrait en Algérie, Angola, Nigeria, Kenya et Zambie; et à la fin 2021, les revenus annuels des entreprises chinoises dans le secteur de la construction étaient concentrés en Nigéria, Algérie, Kenya, Angola et la République démocratique du Congo, et le nombre des travailleurs chinois s’élevait à seulement 93.000 soit 64% de moins qu’en 2015.
IMPORTANT: Le rapport note que la chute du nombre des travailleurs chinois sur le continent signifie aussi que les entreprises chinoises en Afrique emploient beaucoup plus une main d’oeuvre locale sur leurs projets. Depuis les cinq dernières années, les entreprises et le gouvernement chinois investissent davantage dans les centres de formation en Afrique et ailleurs où les locaux sont notamment formés à l’utilisation des équipements chinois.
En 2021, il a été créé le « China-Africa Vocational Education Alliance » qui vise à promouvoir la formation technique et professionnelle entre la Chine et les pays africains.
À CONSIDÉRER: La chute à partir de 2016 peut aussi s’expliquer par le déclin des prêts chinois en direction de l’Afrique qui a commencé en 2016. Ce sont notamment ces prêts qui ont pendant longtemps financé les projets d’infrastructures en Afrique et donc favorisé la forte présence des entreprises chinoises dans ce secteur. La réduction des prêts chinois en direction des gros projets d’infrastructures a rétréci le marché pour les entreprises chinoises.
Avec des projets désormais financés soit par les pays hôtes, soit d’autres sources de financement, ou encore par les entreprises chinoises engagées dans des partenariats privés publics sur ces projets d’infrastructure, les entreprises chinoises sont de moins en moins incitées à faire venir une main d’oeuvre chinoise de plus en plus coûteuse.
LECTURE RECOMMANDÉE:
- Rapport d’Analyse du FMI: Navigating the Evolving Landscape between China and Africa’s Economic Engagements
- South-China Morning Post: Why have thousands of Chinese workers left Africa over the past decade?
- Le Projet Afrique Chine: Renforcement de la coopération Chine-Afrique dans le domaine de la formation technique et professionnelle






