Des manifestations ont simultanément eu lieu devant les ambassades de Chine en Ouganda et en Tanzanie pour dénoncer le soutien de la Chine au pipeline controversé EACOP qui doit relier les champs pétroliers sur le lac Albert en Ouganda au port de Mwanza en Tanzanie.
Les manifestants étaient essentiellement constitués des activistes de la coalition StopEACOP, des membres de la société civile des deux pays et des membres des communautés locales qui sont affectées par le projet. Sept manifestants ont été arrêtés par la police ougandaise pour organisation d’une manifestation illégale.
Ils dénoncent non seulement la participation de Pékin dans le projet – la China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) y détient 8% des parts – mais aussi le possible soutien financier de Pékin dans un projet qui peine à trouver les soutiens financiers nécessaires à sa réalisation.
En avril dernier, l’ambassadeur de Chine en Ouganda, Zhang Lizhong, et l’envoyé spéciale de la Chine pour la Corne de l’Afrique, Xue Bing, avaient réaffirmé le soutien de la Chine au projet sans pour autant clairement confirmé le soutien financier de la Chine.
Estimé à 5 milliards de dollars USD, il devrait être financé à 60% par des prêts et 40% par ses actionnaires. Alors que TotalEnergie a mis 2 milliards de dollars USD, les 3 milliards restant peinent à trouver des financiers.
En mai 2024, la Chine a invité la ministre ougandaise de l’énergie Ruth Nankabirwa à Pékin pour discuter de l’éventualité d’un financement chinois. Lors de son séjour en Chine, elle a rencontré le vice-ministre chinois des affaires étrangères Chen Xiaodong qui avait réaffirmé le soutien de la Chine au développement des projets énergétiques en Ouganda.
Cependant, au delà des déclarations de soutien, rien jusqu’à présent ne présage d’un financement de Pékin comme le souhaite l’Ouganda.
Les manifestants espéraient rencontrer les autorités chinoises pour leur remettre leur mémorandum et plaider pour que la Chine n’apporte pas de soutien de financier au projet.
Face à La liste des banques commerciales qui se retirent du projet, la Chine semble bien être le dernier espoir des autorités ougandaises pour voir le projet démarrer.
Si Pékin ne venait pas à financer le projet, ça ne serait certainement pas pour des raisons environnementales, mais beaucoup plus pour des considérations économiques.
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