Le secrétaire général du Syndicat des travailleurs du diamant et des industries connexes du Zimbabwe (Zimbabwe Diamond and Allied Workers Union), Justice Chinhema, a dénoncé les mauvaises conditions de travail dans les mines de lithium contrôlées par les capitaux chinois.
Dans une conférence organisée la semaine passée par le Centre pour la Gouvernance des Ressources naturelles, il a dénoncé les violations des droits des travailleurs zimbabwéens, l’absence des normes de sécurité et sanitaire dans les mines, et la mauvaise rémunération des employés locaux : « Les investisseurs chinois ne respectent pas les droits du travail dans le secteur, nous devons effectuer des visites de routine sur leurs sites miniers compte tenu de leurs antécédents en matière de violations des droits du travail. Les emplois créés par ces investissements ne sont soumis à aucune norme, mais sont le fruit d’une main-d’œuvre gratuite ou bon marché créée par eux-mêmes et parfois soutenue par notre gouvernement. »
Les entreprises indexées sont la Sinomine Resource Group Co Ltd, qui est propriétaire de la mine de Bikita Minerals, Zhejiang Huayou Cobalt Company Ltd, la propriétaire d’Arcadia Mines, et Suzhou TA&A Ultra Clean Technology Co Ltd, qui possède des parts dans Zulu Lithium, une société appartenant à Premier Minerals, une société mauricienne.
Outre les conditions de travail, Justice Chinhema dénonce la préférence pour les entreprises chinoises au lieu des entreprises locales dans l’attribution des contrats de sous-traitance.
Cette même préférence est aussi observée en R.D.Congo où les entreprises minières chinoises et d’autres tendent à préférer les entreprises étrangères aux entreprises locales et ce en violation de la législation en vigueur.
POURQUOI C’EST IMPORTANT: Les plaintes à l’endroit des sociétés minières chinoises en Afrique sont très courantes. Elles portent la plupart du temps sur les questions liées aux droits des travailleurs et à la sécurité sur les sites miniers. De nombreuses organisations de la société civile sont en première ligne dans ce combat avec les entreprises chinoises et les autorités locales.
Cependant il faut noter que ces plaintes sont fréquentes dans les pays aux institutions faibles et où la mauvaise gouvernance est élevée. Ainsi les violations des normes légales sont en grande partie rendues possibles soit par une implication tacite ou active de l’Etat et/ou à un laisser-faire des autorités locales qui ne veillent pas à l’exécution de la législation en vigueur.
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