Le ministère chinois de la sécurité publique, en collaboration avec les autorités malgaches, a démantelé plusieurs centres d’escroqueries en ligne gérés par des ressortissants chinois à Madagascar.
Cette opération a conduit au rapatriement de 50 ressortissants chinois condamnés par la justice malgache à des peines de prison, qu’ils purgeront en Chine. Durant cette opération, la police malgache a aussi collaboré avec le FBI américain qui avait dépêché une équipe sur place. La présence americaine se justifie par le fait que plusieurs victimes de ces centres étaient des citoyens américains basés aux Etats-Unis.
L’intervention chinoise sur la grande île de l’océan Indien s’inscrit dans le cadre d’une vaste opération de répression des centres d’escroquerie en ligne dirigés par des Chinois et implantés à l’étranger, en Asie du Sud-Est et en Afrique.
En collaboration avec plusieurs pays d’Asie du Sud, les autorités chinoises sont déjà parvenues à démanteler ces centres au Sri Lanka, en Thaïlande, au Myanmar, au Laos et en Malaisie. Au fil des ans, ces centres d’escroquerie ont dépouillé des milliers de citoyens chinois de plusieurs millions de yuans.
Des centres similaires ont récemment vu le jour en Afrique. En 2024, une cour de justice de Lusaka avait condamné 22 ressortissants chinois à de lourdes peines de prison pour cybercriminalité en Zambie. Ils étaient accusés par les autorités de participer à un « syndicat sophistiqué de fraude sur Internet ».
En 2025, au Nigéria, la Commission nigériane de lutte contre la corruption et les crimes économiques (EFCC) avait ordonné la saisie de plusieurs dizaines de biens immobiliers à Lagos liés à des ressortissants chinois soupçonnés de fraude sur internet, notamment d’escroquerie sentimentale.
En Éthiopie, huit ressortissants chinois avaient été arrêtés dans le cadre d’une opération visant un réseau de commerce illicite de devises étrangères. Selon les autorités, ce réseau aurait détourné plus de 50 millions de dollars au moyen de transactions frauduleuses, causant un grave préjudice à l’économie éthiopienne.
POURQUOI C’EST IMPORTANT: Alors que Pékin et ses partenaires en Asie démantèlent des centres d’escroquerie au Myanmar, au Laos, au Cambodge et ailleurs, ces réseaux se déplacent vers des régions où la lutte contre la cybercriminalité est moins efficace et où la diaspora chinoise est en croissance. L’Afrique répond à ces critères, tout en bénéficiant d’une infrastructure commerciale chinoise et d’une diaspora déjà bien établie. Les cas de la Zambie, de l’Éthiopie et du Nigeria indiquent une tendance plutôt que des incidents isolés. Et on devrait s’attendre à davantage d’opérations similaires dans un contexte où Pékin renforce sa coopération policière avec plusieurs pays africains.




