Le rachat d’Atlantic Lithium par le groupe chinois Zhejiang Huayou Cobalt franchit une nouvelle étape. Le 26 octobre, Atlantic Lithium a annoncé la finalisation du transfert à Huayou des droits détenus par Elevra Lithium dans le projet Ewoyaa, appelé à devenir la première mine de lithium du Ghana. Huayou détient désormais 22,5 pour cent du portefeuille ghanéen de l’entreprise et s’engage à financer seul 66 millions de dollars de dépenses pour porter sa participation à 50 pour cent.
Les feux verts se sont succédé. L’Australie, via son Foreign Investment Review Board, a approuvé l’acquisition d’Atlantic Lithium, tandis que le ministère ghanéen des Terres et des Ressources naturelles ne s’est pas opposé à l’entrée de Huayou au capital des entités concernées. Le rachat complet reste soumis au vote des actionnaires, attendu en novembre.
Le débat géopolitique sur la domination chinoise des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques ne semble pas avoir pesé sur le processus d’approbation. L’opération illustre à nouveau le décalage entre le discours des responsables politiques occidentaux et les choix du secteur privé, qui cède ses actifs aux acteurs chinois lorsque ceux-ci apportent le capital nécessaire.
Si la transaction finale venait à être approuvée, elle renforcerait surtout la position de la Chine dans le lithium africain. Pékin domine déjà le secteur au Zimbabwe, où Huayou exploite la mine d’Arcadia. Des groupes chinois sont également engagés dans deux projets majeurs au Mali et en République démocratique du Congo, avec Ganfeng à Goulamina et Zijin à Manono. Le Ghana vient ainsi compléter une présence qui s’étend désormais de l’Afrique australe à l’Afrique de l’Ouest.
À suivre: Au Zimbabwe, Huayou ne s’est pas limité à l’extraction et a construit une usine de sulfate de lithium sur son site. Il reste à savoir si le groupe reproduira cette démarche au Ghana, où la transformation locale des minerais figure parmi les priorités affichées par les autorités.






