Par Ange Kasongo et Maxwell Akalaare Adombila
La République démocratique du Congo s’apprête à mettre en place un guichet unique dédié aux grands investissements miniers dans le cadre des réformes liées à son partenariat minier avec les États-Unis, dans le but de réduire les formalités administratives et d’attirer davantage de capitaux occidentaux dans un secteur dominé par les entreprises chinoises, ont indiqué quatre sources à Reuters.
Le Congo, premier producteur mondial de cobalt et deuxième producteur mondial de cuivre, se trouve au cœur d’une concurrence entre les grandes puissances mondiales à la recherche de sources d’approvisionnement en minerais stratégiques, essentiels à la transition énergétique et à l’industrie de pointe.
La Chine, les États-Unis et l’Union européenne ont tous signé des accords miniers avec Kinshasa afin de s’assurer l’accès à ses vastes ressources.
L’accord avec les États-Unis a déjà donné lieu à un investissement minier soutenu par Washington par l’intermédiaire de Virtus Minerals et a contribué à stimuler les ventes de cuivre congolais vers les États-Unis et l’Europe.
Un guichet unique
Selon deux responsables gouvernementaux, un diplomate et un analyste du secteur minier, l’agence prévue serait ouverte aux investisseurs chinois et autres investisseurs étrangers, ainsi qu’aux entreprises américaines et européennes.
Ces sources ont souhaité rester anonymes car elles n’étaient pas autorisées à s’exprimer publiquement.
Les ministères congolais des Mines et des Finances n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.
Cette réforme, menée par les ministères des Finances et de l’Économie, permettrait de centraliser l’enregistrement des sociétés, l’octroi de licences, la fiscalité et la mise en conformité pour les grands investissements miniers, réduisant ainsi les procédures d’approbation qui peuvent actuellement prendre des mois, ont indiqué les sources gouvernementales et l’analyste.
Un responsable gouvernemental a déclaré que l’agence se concentrerait dans un premier temps sur les projets de coentreprise d’une valeur supérieure à 1 milliard de dollars bénéficiant de régimes fiscaux spéciaux, citant en exemple la coentreprise Sicomines, contrôlée par la Chine, spécialisée dans le cuivre et le cobalt.
Le responsable a ajouté que la loi portant création de l’agence devait encore être promulguée.
« Ce guichet unique vise à briser les cloisonnements bureaucratiques qui compliquent depuis longtemps les investissements miniers au Congo », a déclaré Eric Ndeh, directeur international de l’organisation de la société civile Afrewatch. L’agence devrait être opérationnelle cette année, a ajouté M. Ndeh.
Le Congo a répété à plusieurs reprises que sa volonté d’attirer davantage d’investissements occidentaux ne visait pas à remplacer la Chine, mais à diversifier ses sources de financement et ses marchés d’exportation.
« Le paradoxe est qu’une réforme en partie impulsée par le partenariat minier entre les États-Unis et la RDC pourrait, en fin de compte, faciliter les affaires tant pour les investisseurs chinois qu’européens et américains », a déclaré M. Ndeh.



