La Chine et trois pays africains producteurs de diamants ont adopté à Pékin une déclaration destinée à renforcer leur coopération dans cette industrie. Signé le 15 septembre à l’initiative de la Bourse du diamant de Shanghai, le texte associe des représentants du Botswana, de la Namibie et de l’Afrique du Sud ainsi que plusieurs acteurs chinois et internationaux du secteur.
Selon les données des douanes chinoises, l’Afrique du Sud est le premier fournisseur mondial de diamants pour la Chine. En 2025, elle représentait près de 38 % des importations chinoises de diamants.
La Déclaration de Pékin sur les diamants naturels et le développement durable vise notamment à rapprocher les pays africains producteurs du marché chinois de la joaillerie. Elle met en avant les retombées économiques et sociales de l’industrie diamantaire en Afrique, notamment les recettes publiques, l’emploi, la formation professionnelle, les moyens de subsistance et le financement de programmes de conservation.
Les signataires proposent également de soutenir la création de valeur locale dans les pays producteurs, notamment en matière de développement des activités de tri, de taille et de polissage, de renforcement des compétences et de diversification économique, réduisant la dépendance à l’extraction et aux exportations de pierres brutes.
Un autre volet porte sur l’information des consommateurs chinois. Les partenaires souhaitent améliorer la communication sur l’origine, la traçabilité et l’impact socioéconomique des diamants naturels, alors que les acheteurs accordent davantage d’importance à l’authenticité et à la provenance des bijoux.
Le texte reste toutefois une déclaration d’intention et ne fixe ni financement, ni calendrier, ni objectifs chiffrés. Sa portée dépendra donc des projets commerciaux, des programmes de formation et des mécanismes de suivi qui seront ultérieurement établis par les gouvernements et les entreprises directement concernés.
POURQUOI C’EST IMPORTANT: Cette déclaration intervient dans un contexte où la part des exportations africaines de diamants vers la Chine a chuté à 38% comparée à 55% en 2020 – en faveur d’Anvers, en Belgique où transite une grande partie des diamants bruts sudafricains et botswanais – et où des pays comme le Botswana veulent reprendre le contrôle de la production de diamants en rachetant les parts du géant De Beers et en développant une chaîne de valeur locale.
Si l’accord venait à se concrétiser, il pourrait permettre au Botswana et à l’Afrique de transformer leurs diamants localement et de les exporter directement vers des marchés comme la Chine.







