Par Alexandra Alper
L’administration Trump va accorder un prêt de près de 100 millions de dollars à Africell, la seule entreprise de télécommunications africaine détenue par des Américains, dans le but de contrer l’expansion de l’entreprise chinoise Huawei en Afrique, selon une source proche du dossier et un projet de communiqué de presse consulté par Reuters.
Le prêt accordé par l’Export-Import Bank à Africell « permettra à Africell d’investir dans les dernières technologies de réseaux mobiles proposées par des fournisseurs américains et alliés », selon le projet de communiqué, qui doit être publié plus tard dans la journée de vendredi.
« Nous sommes ravis de collaborer avec l’EXIM pour mettre en place une infrastructure de communication plus fiable et plus sécurisée sur nos marchés d’activité », a déclaré Ziad Dalloul, PDG d’Africell Holding Limited, selon ce document.
Huawei et l’ambassade de Chine n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.
Ce prêt, dont on n’avait pas encore fait état, s’inscrit dans le cadre de la campagne menée par Washington pour favoriser l’utilisation d’équipements de télécommunications autres que ceux de Huawei à l’étranger.
L’administration du président Donald Trump a lancé, lors de son premier mandat, une initiative intitulée « Clean Network » visant à éliminer les technologies, applications et opérateurs de télécommunications chinois des infrastructures aux États-Unis et dans les pays alliés, et a poursuivi des efforts similaires au cours de son second mandat.
Les États-Unis ont imposé de lourdes sanctions à Huawei suite à des allégations selon lesquelles l’entreprise pourrait espionner les utilisateurs, ce que Huawei nie.
Huawei détient environ 52 % de parts de marché pour les infrastructures 5G en Afrique, selon Counterpoint Research.
Ce prêt s’inscrit également dans le prolongement d’un décret présidentiel de 2025 signé par Trump, qui impose aux agences américaines de promouvoir l’utilisation des technologies américaines à l’étranger dans les domaines de l’intelligence artificielle, du stockage dans les centres de données, des services cloud et des réseaux.
Fondée en 2001, Africell a acheté des technologies auprès de HP, Nokia, Dell, Oracle et d’autres fournisseurs pour équiper un nouveau centre de données en Angola, selon son site web. Elle dessert 15 millions de clients en Angola, en Gambie, en République démocratique du Congo et en Sierra Leone.
À la suite d’une visite effectuée en 2022 dans les bureaux d’Africell en Angola, la secrétaire d’État adjointe de l’ancien président américain Joe Biden, Wendy Sherman, a déclaré que lorsque des pays choisissent Huawei, « ils renoncent potentiellement à leur souveraineté, […] en confiant leurs données à un autre pays ».
En 2018, Africell a obtenu un prêt de 100 millions de dollars de la part de l’organisme américain de financement du développement Overseas Private Investment Corporation (aujourd’hui International Development Finance Corporation) afin de développer ses infrastructures de communication.






