Les importations chinoises en provenance d’Afrique ont atteint 193,8 milliards de yuans, soit environ 28,7 milliards de dollars, en mai et juin 2026. Cette hausse de 23,5 % sur un an survient durant les deux premiers mois suivant l’élargissement de l’accès préférentiel au marché chinois. Elle suggère un effet commercial rapide, même si une période plus longue sera nécessaire pour déterminer si cette dynamique est durable.
Les produits agricoles ont enregistré certaines des progressions les plus marquées. Les importations chinoises d’avocats africains ont augmenté de 130 %, celles de pommes de 89,6 % et celles d’oranges de 27,9 %. Ces résultats témoignent de l’intérêt croissant du marché chinois pour les productions horticoles africaines, mais aussi de la capacité de certains exportateurs à satisfaire des exigences sanitaires, logistiques et commerciales élevées.
Plusieurs produits africains ont ainsi renforcé leur présence en Chine. Les avocats kényans, les pommes et vins sud-africains, les myrtilles zimbabwéennes, les piments rwandais et le café éthiopien figurent parmi les exemples. Cette diversification est importante pour des économies africaines encore largement dépendantes de l’exportation de minerais, d’hydrocarbures ou de produits agricoles peu transformés.
Cette évolution fait suite à l’entrée en vigueur, le 1er mai 2026, d’un traitement douanier à taux zéro accordé par Pékin à 53 pays africains. L’initiative vise à réduire le coût d’entrée des produits africains et tente de rééquilibrer une relation commerciale encore dominée par les exportations manufacturières chinoises.
La suppression des droits de douane s’accompagne de mesures de facilitation. Des « corridors verts » et des autorisations sanitaires régionales et particulières accordées à certains pays permettent désormais à certains produits, notamment le café, les noix de cajou, les piments séchés et les produits aquatiques sauvages, d’éviter de longues négociations bilatérales distinctes.
Le Zimbabwe a notamment expédié ses premières myrtilles vers la Chine en juillet. Cette ouverture pourrait soutenir la production horticole, les infrastructures frigorifiques, la certification, l’emballage et l’emploi. Son impact dépendra toutefois de la capacité des producteurs africains à maintenir les volumes, la qualité et la compétitivité nécessaires sur un marché exigeant.
Il faut cependant rester prudent et observer sur le long terme, l’effet de cette mesure sur la balance commerciale des deux partenaires. En 2025, le déficit commercial de l’Afrique s’élevait à 132 milliards de dollars. Bien que les exportations de produits agricoles vers la Chine se soient accrues, il n’est pas certain qu’elles suffisent à combler ce déficit.





