La Chine assouplit ses exigences phytosanitaires applicables aux agrumes sud-africains, ce qui a un impact direct sur les flux commerciaux entre les deux pays. Le 22 avril, les douanes chinoises ont annoncé une révision des protocoles de traitement à froid pour les oranges, pamplemousses, mandarines et tangerines importés d’Afrique du Sud, avec effet immédiat.
Concrètement, les nouvelles règles réduisent à la fois la durée et l’intensité du traitement requis pour éliminer les parasites. Les fruits peuvent désormais être traités pendant 16 jours à −0,2°C ou 19 jours à 1°C, contre 24 jours à −0,6°C auparavant, auxquels s’ajoutait une phase de pré-refroidissement contraignante. Cette évolution marque un assouplissement significatif d’un dispositif longtemps considéré comme un frein technique aux exportations.
Cette décision s’inscrit dans une tendance déjà amorcée dès 2021 avec les citrons, pour lesquels Pékin avait relevé les seuils de température afin de limiter les dommages liés au froid. En effet, des températures trop basses entraînaient d’importantes pertes de qualité, réduisant la compétitivité des exportations sud-africaines vers le marché chinois.
Les effets de cet ajustement réglementaire ont été immédiats. Les exportations de citrons sud-africains vers la Chine, marginales en 2020, ont dépassé les 10 000 tonnes annuelles à partir de 2023. Plus largement, les agrumes sud-africains occupent déjà une place croissante sur le marché chinois, tirée notamment par les pamplemousses et les mandarines, dont certaines variétés comme les ClemenGold bénéficient d’un positionnement favorable durant la basse saison chinoise.
Au-delà de la dimension technique, cette révision illustre une utilisation ciblée des normes sanitaires comme levier d’ajustement commercial. À court terme, elle devrait permettre une montée en puissance supplémentaire des exportations sud-africaines vers la Chine.
POURQUOI C’EST IMPORTANT: Au-delà des barrières tarifaires, les barrières non-tarifaires comme les mesures phytosanitaires sont parmi les plus grands obstacles à l’entrée sur le marché chinois pour les produits agricoles africains. Leur relaxation pourrait contribuer à accélérer l’accès de ce marché aux agriculteurs africains qui espèrent bien profiter de la levée des barrières tarifaires chinoises depuis ce 1er mai


