Depuis le début de l’année, Pékin a œuvré à une coopération sécuritaire accrue avec Nairobi. Il s’agit pour Pékin de formaliser un cadre de coopération policière afin de sécuriser durablement ses intérêts économiques et ses ressortissants dans un environnement perçu comme de plus en plus exposé.
Cette dynamique s’inscrit dans le prolongement direct de la visite du président William Ruto en Chine en avril 2025, au cours de laquelle les deux parties ont acté un renforcement de la coopération en matière de sécurité intérieure, notamment sur les enjeux de terrorisme, de criminalité transfrontalière et de flux financiers illicites. L’initiative s’inscrit aussi dans un engagement plus large de la Chine, à travers la Global Security Initiative (GSI), de former plusieurs officiers des forces de l’ordre africaines.
Depuis, les interactions se sont multipliées, en particulier avec les services du ministère de l’intérieur kényan dirigé par Kipchumba Murkomen, traduisant une volonté d’opérationnalisation rapide.
Pékin cherche à sécuriser un ensemble de projets d’infrastructure en cours de construction menés par ses entreprises au Kenya. Il s’agit notamment du corridor routier Nairobi–Nakuru ou du stade Talanta à Nairobi. Ces actifs, au cœur de son empreinte économique locale, deviennent également des points de vulnérabilité nécessitant des dispositifs de protection renforcés.
POURQUOI C’EST IMPORTANT: Au-delà de la coopération sécuritaire sur les questions militaires, Pékin renforce de plus en plus les volets policier et judiciaire sur le continent. Des discussions similaires ont déjà eu lieu avec l’Éthiopie. Le but consiste à créer un cadre de sécurité optimal, tant pour ses investissements que pour ses citoyens présents en Afrique. Il s’agit aussi, pour Pékin, de renforcer les synergies avec les polices africaines afin de traquer certains fugitifs chinois qui trouvent refuge en Afrique.
LECTURE RECOMMANDÉE:
- Africa Intelligence: Pékin cherche à convaincre Nairobi de signer un accord sécuritaire






