Les communautés locales dans la région du Lobe-Kribi au Cameroun protestent contre le projet de la mine de fer du Lobé-Kribi du chinois Sinosteel. Bien que la production n’a pas encore commencé, les communautés dénoncent déjà les premiers effets néfastes de ce projet minier dans la région.
Organisés autour de l’ONG Jeunesse pour le Développement, ces communautés ont dénoncé, dans un rapport publié en mi-février, une série de manquements, de la part de l’entreprise, qui ne garantissent pas la sécurité et le bien-être des communautés riveraines au projet. Ils ont dénoncé les ingérences politiques et les menaces reçues de certaines autorités politico-administratives les enjoignant à ne pas perturber le fonctionnement de la mine.
En mai 2022, le gouvernement camerounais signait un accord avec l’entreprise chinoise Sinosteel pour l’exploitation de fer dans la région. Déjà à cette époque le projet faisait l’objet d’une contestation de la part d’une partie de classe politique camerounaise qui en dénonçait l’opacité.
Les reproches faites par les communautés locales se résument en :
- Consultation inadéquate des communautés : Les populations locales n’ont pas été correctement consultées sur le développement du projet. Le processus de consultation a manqué de transparence, exclu des experts indépendants et ignoré les préoccupations des communautés, créant un sentiment d’imposition parmi les résidents.
- Risques environnementaux : Le projet présente des menaces environnementales importantes, notamment une possible contamination des rivières, de l’océan et des parcs marins voisins en raison du ruissellement et des lixiviats miniers. Des signes précoces de détérioration de la qualité de l’eau ont été observés avant même le début des opérations à grande échelle.
- Répression de la contestation : Les leaders communautaires opposés au projet ont reçu des menaces, et des figures influentes ont imposé des mesures de silence, empêchant toute discussion ouverte et aggravant les tensions sociales.
- Indifférence des autorités camerounaises : Sinosteel et le gouvernement camerounais sont restés silencieux sur les procédures de consultation et les mesures d’atténuation des risques environnementaux et sanitaires, laissant les communautés dans l’incertitude quant à leur avenir.
POURQUOI C’EST IMPORTANT: La situation de ces communautés au Cameroun n’est malheureusement pas un cas isolé en Afrique où les projets miniers chinois sont souvent accusés de ne pas respecter les normes environnementales et sociales dans la mise en exécution de leur projet. Il est aussi constaté une complicité des autorités politiques locales qui protègent ces entreprises.
Il est important de noter qu’il ne s’agit pas d’une situation qui touche toutes les entreprises minières chinoises. Un effort est observé au près de plusieurs d’entre elles qui mettent en application des normes internationales en matière de bonne gestion environnementales et sociales dans leurs projets.
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