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Joao Lourenço fut le grand absent du sommet Chine-Afrique

investissements chinois Angola
Photo d'archive : Le président angolais Joao Lourenco (R) marche avec le président chinois Xi Jinping lors d'une visite d'État à Pékin, le 9 octobre 2018. GREG BAKER / AFP

Dans la photo de famille finale, le président angolais, Joao Lourenço, aura certainement été l’absence la plus remarquée de ce sommet Chine-Afrique, FOCAC 2024, à Pékin. Pour des raisons encore inconnues jusque-là, Joao Lourenço a choisi de se faire représenter par son ministre des affaires étrangères Téte António.

Le président chinois Xi Jinping (au centre à droite) et des dirigeants de pays africains posent pour une photo de groupe avant la cérémonie d’ouverture du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) au Grand Hall du Peuple à Beijing, le 5 septembre 2024. (Photo par Andy Wong / POOL / AFP)

Il est certain que son absence fera parler experts et observateurs des relations sino-africaines. Pendant longtemps, l’Angola été le pays modèle des relations sino-africaines. Son modèle angolais – mines pour infrastructures – avait suscité des émules en République démocratique du Congo voisine.

Sous Dos Santos, elle avait reçu le nombre le plus élévé de prêts chinois équivalent à 45 milliards de dollars USD qu’elle repaie en vente de pétrole à la Chine.

Cependant depuis le départ de l’ex-président Dos Santos et l’arrivée au pouvoir de Joao Lourenço en 2017, les relations entre Pékin et Luanda se sont considérablement refroidies.

L’influence chinoise s’est sensiblement réduite dans le pays et ou ses entreprises ont perdu les contrats de concession du port de Lobito et du chemin de fer de Benguela qu’elles avaient réhabilités en 2013.

En quête de diversification de ses partenaires, L’Angola s’est tourné vers les Etats-Unis qui ont fait d’elle, avec le corridor de Lobito qui comprend le chemin de fer de Benguela, est devenu le point d’ancrage de la contre-offensive américaine en Afrique où les USA ont pour ambition de développer une chaine d’approvisionnement en minerais critiques indépendantes de la Chine.

En novembre 2023, il était reçu à la maison blanche par Joe Biden avec qui il avait échangé sur le corridor de Lobito et d’autres investissements américains dans le pays.

Malgré ce rapprochement avec Washington, Lourenço n’a pas totalement coupé les ponts avec Pékin. En mars de cette année, il effectuait une visite d’Etat à Pékin où il fut reçu par son homologue chinois.

Jouant sur les deux tableaux, il semblait bien que Lourenço jouait aux équilibristes entre Pékin et Washington.

POURQUOI C’EST IMPORTANT: Sans pour autant y lire un message particulier, il serait prématuré de tirer des conclusions sur son absence à Pékin. Autant elle pourrait supposer une volonté de s’éloigner de Pékin et choisir Washington, autant elle pourrait signaler une volonté de non-alignement en restant neutre en ne participant pas à un sommet chinois. Du reste, son absence n’a pas empêché la signature d’accords sur les services de transport et les infrastructures en Angola.

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