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Comment l’IDM s’inscrit-il dans le développement de la Chine au niveau mondial?

Comment l'IDM s'inscrit-il dans le développement de la Chine au niveau mondial?

Dans un discours prononcé devant l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2021, le président Xi a annoncé l’Initiative pour le développement mondial (Global Development Initiative), qui expose la vision de la Chine, à savoir devenir un leader mondial dans le domaine du développement. L’IDM est un vaste cadre qui couvre des domaines tels que la santé publique, la réduction de la pauvreté et plusieurs autres questions. Toutefois, un an après son lancement, de nombreuses questions subsistent quant à ses implications, à sa mise en œuvre et à sa complémentarité ou sa différence avec la BRI, plus connue. En outre, l’IDM a suscité l’intérêt des États-Unis, certains cercles se demandant s’il ne risque pas de concurrencer les programmes d’aide et de développement américains. 

Lors d’un séminaire organisé dans le cadre de son projet « Interpréter la Chine », l’influent think tank américain Center for Strategic & International Studies (CSIS) a réuni un groupe d’analystes et d’universitaires américains et africains de premier plan pour analyser l’IDM et ses implications. Jude Blanchette, titulaire de la chaire Freeman d’études sur la Chine au CSIS, a été rejoint par Deborah Brautigam, directrice de l’Initiative de recherche Chine-Afrique et titulaire de la chaire Bernard L. Schwartz d’économie politique internationale au SAIS de l’université Johns Hopkins, Samantha Custer, directrice de l’analyse politique à AidData, College of William & Mary, Joseph Asunka, PDG d’Afrobarometer, et Anthea Mulakala, directrice principale de la coopération internationale au développement à The Asia Foundation. 

Le panel s’est accordé à dire que si l’IDM est vague, il est associé aux Objectifs de développement durable (ODD), qui ont perdu de leur élan ces dernières années. En particulier, M. Custer a noté que la BRI et l’IDM ont été intentionnellement rédigés de manière large et souple afin de définir les paramètres du futur programme d’aide au développement de la Chine, mais avec des interprétations flexibles. Le panel a également délibéré sur la façon dont la BRI se compare à l’IDM. M. Mulakala a souligné qu’il s’agit de deux voies parallèles, la BRI étant axée sur la croissance économique, tandis que l’IDM est davantage axée sur le développement. M. Brautigam a également fait remarquer que la BRI est la plus importante des deux initiatives et que l’IDM s’inscrit dans le cadre des initiatives à « petit budget et à budget intelligent ». Asunka a affirmé que si l’IDM prend de l’ampleur, l’Occident devrait s’engager avec la Chine pour s’assurer que les bonnes choses contenues dans l’initiative sont mises en œuvre dans d’autres programmes de développement. 

Temps forts du wébinaire:

  • [15.30] JOSEPH ASUNKA, PDG D’AFROBAROMETRE : Je vois une sorte de changement, surtout après le FOCAC de l’année dernière au Sénégal, où la Chine semble se diriger vers ce qu’ils appellent « small and beautiful » ou « small is beautiful »… Je pense que se lancer dans les petits projets, bien sûr, réduit une sorte de risque et je peux imaginer que ce changement va être amplifié à l’avenir, alors que la Chine se dirige vers certaines des zones moin complexes. Je pense que ce sera certainement un domaine qui pourra commencer à gagner en attractivité, car les politiciens et les citoyens continueront à apprécier certains de ces projets. L’autre chose bien sûr [est que] le covid-19 et la guerre en Ukraine peuvent avoir amplifié cela parce que le risque pour certains des prêts que la Chine a accordés à l’Afrique devient de plus en plus grand parce que leur remboursement n’est pas garanti. Ce changement va certainement prendre de l’ampleur à l’avenir et bien sûr… la Chine est toujours accusée de faire de la diplomatie de la dette. Comment peuvent-ils s’en sortir ? Je pense que s’il y a une évolution vers ces projets petits cela pourrait être un moyen d’écviter les reproches de la communauté internationale. 
  • [39:24] DEBORAH BRAUTIGAM, DIRECTRICE DE L’INITIATIVE DE RECHERCHE CHINE-AFRICA : L’IDM est en fait encore très vague. C’est une déclaration de principes. C’est une déclaration de soutien aux objectifs de développement durable de l’ONU et à ce que l’on appelle l’agenda 2030. Et c’est ce que la Chine va faire pour soutenir ces objectifs de développement humain, mais c’est encore plus large que cela. Il s’agit de savoir quelles sont les responsabilités de la Chine en tant que pays en développement. Je pense que les Chinois eux-mêmes n’ont pas encore compris ce qu’est l’IDM. Ainsi, lorsque j’ai commencé à lire sur le sujet, cela m’a vraiment rappelé le discours de Truman sur le point quatre, qui faisait partie de son discours inaugural en 1949, et cela a résonné de la même manière… [avec l’IDM] la Chine dit que nous sommes un pays en développement et que nous sommes dans cette situation en tant que pays en développement. Nous sommes l’un des quelque 150 pays en développement aux Nations unies, nous formons un grand groupe. Cette position était donc importante. Et puis, un autre aspect de la question est que… je pense qu’il est important de regarder le déroulement des débats aux Nations Unies sur la définition des droits et la manière dont les États-Unis et la Chine ont été aux antipodes l’un de l’autre. Cela va donc continuer à être un problème. 

Vous pouvez suivre l’intégralité du séminaire sur Youtube  (en anglais)

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