Cette semaine, nous nous penchons sur la technologie chinoise des véhicules électriques (VE) sous l’angle non seulement de la transition vers une mobilité nouvelle, mais aussi de l’accessibilité, de la facilité d’utilisation et de l’inclusivité pour les personnes en situation de handicap.
L’Éthiopie offre de nombreux enseignements sur la transition de la mobilité des moteurs à combustion interne (MCI) vers la mobilité électrique, servant ainsi de référence pour de nombreux pays à travers le monde.
C’est pourquoi le pays accueille le Sommet nordique-africain sur les VE, un événement annuel organisé en parallèle à Addis-Abeba et à Oslo, deux des villes les plus électrifiées au monde en dehors de la Chine. Addis-Abeba, ville africaine, se distingue par des taux d’électrification supérieurs à ceux de nombreuses villes occidentales.
Le Sommet, qui se déroule actuellement à Addis-Abeba, est un événement de mise en relation destiné aux acteurs de la transition vers la mobilité électrique dans les domaines des transports, des systèmes énergétiques et du stockage d’énergie par batterie. Il se distingue ainsi de nombreux événements chinois, qui se concentrent principalement sur les ventes plutôt que sur l’écosystème global des véhicules électriques.
En prélude à cet événement, j’ai rejoint une équipe de passionnés kényans de mobilité électrique pour une expérience consistant à parcourir environ 1 600 kilomètres de Nairobi à Addis-Abeba à bord de bus électriques. Bien que je ne sois parvenu qu’à la ville frontalière de Moyale, située à 780 kilomètres au nord de Nairobi, ce trajet s’est avéré très instructif. J’ai pris conscience qu’un facteur clé, qui n’a pas encore été pleinement pris en compte dans la transition vers la mobilité électrique, est la nécessité d’intégrer les besoins des personnes en situation de handicap qui ont besoin de technologies d’assistance pour se déplacer, ce qui renforce leur autonomie et leur contribution à la société.
En matière d’accès aux transports publics, il faut penser à des revêtements tactiles bien entretenus – ces chemins texturés que les personnes aveugles et malvoyantes utilisent – tout en intégrant une signalisation sonore pour les aider à se déplacer en ville sans assistance. Pour les utilisateurs de fauteuils roulants, des bus équipés de plates-formes relevables ou abaissables pourraient leur permettre de monter à bord sans quitter leur fauteuil. Jusqu’à présent, peu de mesures ont été prises dans ce domaine, même avec les bus électriques.
Ce besoin est apparu au cours du voyage lorsque j’ai discuté avec Bernard Chiira, cofondateur et directeur d’Innovate Now, le premier accélérateur africain dédié aux technologies d’assistance. En tant que personne en situation de handicap, il a souligné que la transition vers la mobilité électrique doit répondre aux besoins des personnes à mobilité réduite, parallèlement à l’accent mis sur les réseaux de recharge et autres infrastructures.
Pour nous rendre à Moyale, nous avons utilisé des bus Kinglong entièrement électriques, de fabrication chinoise, assemblés localement au Kenya par BasiGo. En chemin, nous avons changé trois fois de bus et de conducteur, car l’autonomie de la batterie était limitée à 300 kilomètres. Les conducteurs, tous formés spécialement pour conduire ces bus électriques, veillaient à ne pas épuiser les batteries, ce qui aurait pu nous obliger à rester bloqués sur la route en attendant les secours.
Traverser les hauts plateaux, la savane et le désert de Chalbi au Kenya aux côtés de l’équipe locale m’a ouvert les yeux sur ce que signifient réellement la sensibilisation à la mobilité électrique et l’inclusivité. Et, à mon avis, je ne pense pas que beaucoup d’acheteurs comprennent vraiment ce qu’implique la possession d’un véhicule électrique, en particulier lorsqu’il s’agit de parcourir de longues distances. Je partagerai plus de détails dans un prochain article qui analysera les défis et les opportunités liés à la transition vers la mobilité électrique au sens large.
En attendant, voici les dernières actualités du secteur des véhicules électriques dans certains pays du Sud.
Cette semaine dans le secteur chinois des véhicules électriques :
Le Ghana envisage la création d’un centre de formation dédié aux véhicules électriques alors que le nombre de camions électriques chinois augmente
Alors que les camions électriques chinois gagnent du terrain en Afrique, le Ghana cherche à mettre en place un centre de formation dédié aux véhicules électriques, le nombre de poids lourds ne cessant d’augmenter. Le ministre ghanéen des Terres et des Ressources naturelles, Emmanuel Armah-Kofi Buah, affirme que les mécaniciens ghanéens ont besoin d’une formation efficace pour entretenir les véhicules électriques.
Pourquoi c’est important : En tant que l’un des premiers pays à avoir adopté les véhicules électriques, cette proposition pourrait refléter la stratégie du pays visant à combler les lacunes du secteur et à créer des opportunités d’emploi dans un secteur qui se généralise de plus en plus.
Le groupe Clicks du Cap met en service 30 camions électriques SANY
La société de logistique sud-africaine Clicks a mis en service 30 camions électriques lourds SANY pour desservir ses principaux nœuds de distribution nationaux. Ce lancement inclut des capacités de recharge rapide grâce à une infrastructure électrique directement intégrée aux micro-réseaux solaires des sites, permettant une recharge fluide et sans temps d’arrêt pendant le déchargement des marchandises.
Pourquoi est-ce important ? La logistique reste l’un des secteurs les plus difficiles à électrifier. Une prise de conscience croissante et l’extension des réseaux de recharge pourraient faire de l’Afrique du Sud une référence pour d’autres acteurs cherchant à rendre plus écologique le secteur des transports, l’un des plus polluants.





