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Lorsque la Chine et l’Afrique parlent « Démocratie et modèle politique »

Pendant deux jours, du 26 au 27 avril 2022, des membres de l’Assemblée nationale populaire de Chine ont échangé, dans un séminaire en ligne, avec 90 députés de 22 pays d’afrique francophone. Le séminaire portait sur « Exploration et pratique de la démocratie dans les organes législatifs chinois et africains. »

Le sujet pourrait surprendre plus d’un lorsqu’on prend en compte le modèle politique chinois qui n’est pas connu pour ses caractéristiques démocratiques et le recul démocratique que l’on observe dans plusieurs pays d’Afrique, notamment en Afrique francophone.

Ce séminaire fait suite à une série de rencontres, politiques et académiques, qui sont de plus en plus organisées avec des décideurs politiques africains et qui portent sur le thème central du rapprochement entre la Chine et l’Afrique .

Après les prêts et les gros projets d’infrastructure, Pékin semble vouloir désormais bâtir le socle d’un rapprochement plus substantiel entre les deux parties en mettant en avant les similarités historiques et politiques, ainsi que les aspirations communes.

La reprise du terme démocratie, dans la thématique abordée, révèle combien Pékin se l’est approprié et n’a pas hésité pas à le formater selon son approche propre. Ding Zhongli, Vice-président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale, a reaffirmé la particularité que devrait avoir la démocratie dans chaque pays. Une approche qui fait échos dans plusieurs pays africains où l’on s’intérroge de plus en plus sur ce modèle de « démocratie occidentale » et son efficacité en Afrique. Les discours d’une « démocratie intrinsèque » et celui d’un système politique propre à l’Afrique prennent forme et grandissent au sein des politiques comme des intellectuels et même dans les médias.

Alors que l’efficacité du modèle démocratique occidental est remise en question sur le continent, Pékin met en avant son modèle où l’accent est mis sur la stabilité politique, l’organisation de l’Etat et l’efficacité de la gouvernance. Ce discours finit par devenir une niche pour Pékin qui y trouve une opportunité d’exporter son modèle politique. L’ouverture d’une école de leadership politique en Tanzanie en février dernier semble obéir à cette logique. Elle vise à former des dirigeants de partis au pouvoir en Angola, Tanzanie, Afrique du Sud, Mozambique, Namibie et au Zimbabwe; des partis avec lesquels Pékin entretient des relations militaires et idéologiques. Un outil de plus dans la « diplomatie de parti à parti » à laquelle Pékin accorde une grande importance dans son engagement en Afrique.

Avec une Afrique qui se recherche, Il ne serait donc pas surprenant que la Chine soit tentée de combler le vide politique en exportant son modèle politique. Cependant, la complexité des sociétés africaines suggérerait la prudence. Consciente de cette complexité, on pourrait se demander si la Chine vise réellement à façonner le paysage politique africain en répliquant son modèle politique ou s’il ne s’agit simplement pour elle de créer un environnement politique plus favorable et plus proche à elle ?

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