La Fondation de la famille Ichikowitz a publié mercredi son enquête annuelle sur la jeunesse africaine, révélant de nouvelles données sur les attitudes des jeunes à l’égard des relations internationales et de la Chine, entre autres sujets.
Cette enquête a été menée à partir de près de 5 000 entretiens en face à face avec des hommes et des femmes âgés de 18 à 24 ans dans 16 pays africains ; elle constitue l’étude la plus complète sur l’opinion publique de la jeunesse africaine.
Principaux enseignements concernant les relations internationales :
- La Chine considérée comme un allié : La quasi-totalité des jeunes Africains (95 %) la considère comme un allié, une proportion plus élevée que pour tout autre pays étudié. Cette perception positive se reflète également au niveau national, par exemple chez les jeunes du Togo et du Mozambique (100 % dans les deux cas).
- Critères de choix des alliés : « La capacité à investir dans les infrastructures et l’économie de notre pays » (43 %) arrive en tête, suivie du « respect des ressources naturelles de mon pays » (39 %), tandis que « une histoire commune ou des liens culturels » (15 %) occupe la dernière place.
- Des préférences divergentes en matière de partenariats : les jeunes du Mozambique, du Zimbabwe et d’Afrique du Sud privilégient des alliés forts et efficaces qui préservent également leur neutralité, tandis que les jeunes de Somalie, de Zambie et du Congo-Brazzaville accordent davantage d’importance aux valeurs communes parallèlement à la neutralité, ce qui suggère que l’alignement idéologique reste un critère important.
- Influence croissante des États-Unis : Les États-Unis ont été jugés influents par plus de quatre jeunes sur cinq (81 %), soit une augmentation par rapport aux 74 % enregistrés en 2024. La Chine suit de près avec 79 %, soit le même niveau qu’en 2024 (78 %).
- Priorités internes > externes : Parmi les réponses les plus fréquentes aux questions sur l’événement le plus important des cinq dernières années et sur les éléments essentiels au progrès de l’Afrique, le coût de la vie (27 %) et la création de nouveaux emplois (25 %) arrivaient respectivement en tête, tandis que l’implication internationale en Afrique (5 %) et la limitation de l’influence des puissances étrangères (8 %) occupaient respectivement les dernières places.
POURQUOI C’EST IMPORTANT ? Les enseignements clés de ces données ne concernent pas tant les gains marginaux cumulés enregistrés par les États-Unis et la Chine — qui font inévitablement la une des médias — que les attitudes propres à chaque pays et l’intérêt porté aux enjeux nationaux. La jeunesse africaine est davantage avide d’opportunités économiques que de politique des grandes puissances.
Dans la mesure où les acteurs extérieurs (qu’il s’agisse de la Chine, des États-Unis ou d’autres) pourront faciliter ces opportunités tout en respectant les ressources naturelles, ils seront les véritables vainqueurs qui gagneront les cœurs et les esprits à travers le continent. À l’inverse, dans la mesure où ils seront perçus comme complices de la corruption gouvernementale, pollueurs de l’environnement et exploiteurs des ressources, ils seront perdants.




