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Les pays africains veulent un nouveau type d’engagement des entreprises chinoises

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Intervenants lors de la réunion annuelle des « Nouveaux champions » du Forum économique mondial, qui s'est tenue à Dalian, en Chine, le 25 juin 2026. Image fournie par le Forum économique mondial.

Les dirigeants africains se sont rendus au « Davos d’été » de cette année avec un message clair à l’intention des entreprises chinoises. Les futurs accords ne devront pas se limiter à la construction de routes ou à l’exploitation minière. Ils devront aider les pays africains à développer leurs propres industries.

La 17e Réunion annuelle des nouveaux champions du Forum économique mondial s’est tenue la semaine dernière à Dalian, une ville portuaire du nord-est de la Chine, sur le thème « Innover à grande échelle ». Elle a réuni plus de 1 800 participants venus de 90 pays et régions, parmi lesquels le Premier ministre chinois Li Qiang, le Premier ministre guinéen Amadou Oury Bah, la ministre marocaine de l’Énergie Leila Benali et Samaila Zubairu, président-directeur général de l’Africa Finance Corporation.

Cet intérêt pour l’Afrique intervient alors que le commerce sino-africain continue de croître. Les échanges bilatéraux ont atteint le chiffre record de 348 milliards de dollars en 2025, soit une hausse de 17,7 % par rapport à l’année précédente. Pékin a également étendu le régime de droits de douane nuls aux importations en provenance de 53 pays africains.

Un commentaire publié par Haowang Observer, une plateforme de recherche consacrée aux affaires et aux investissements sino-africains, a fait valoir que la participation africaine au Forum d’été de Davos témoignait d’un changement dans la manière dont les pays africains abordent les investissements chinois. Ce commentaire a identifié six signaux émanant des intervenants africains présents au forum.

  • La Guinée souhaite que Simandou soit le moteur d’une croissance plus large. Simandou est l’un des plus grands gisements de minerai de fer à haute teneur au monde, mais son développement dépend également d’infrastructures essentielles. La Guinée souhaite que ce projet soutienne les transports, l’approvisionnement en électricité et l’industrie locale. Pour les entreprises chinoises, l’opportunité pourrait s’étendre au-delà de l’exploitation minière à l’exploitation et à la maintenance des infrastructures environnantes.
  • L’électricité devient la première préoccupation pour les projets industriels. Samaila Zubairu, président-directeur général de l’Africa Finance Corporation, a déclaré que l’Afrique se trouvait au carrefour de la croissance démographique, des minerais stratégiques et des énergies renouvelables. Les mines, les usines, les hôpitaux et les centres de données ne peuvent fonctionner à grande échelle sans un approvisionnement électrique fiable.
  • Les projets énergétiques ont besoin de modèles économiques plus clairs. Leila Benali, ministre marocaine de la Transition énergétique et du Développement durable, a déclaré que les infrastructures d’énergies alternatives nécessitaient une politique stable et une plus grande prise de risque de la part des institutions financières. La construction de projets solaires ou éoliens ne suffit pas. Les promoteurs ont également besoin d’acheteurs, d’un accès au réseau électrique et de systèmes de paiement capables d’assurer une exploitation à long terme.
  • La sécurité alimentaire ouvre de nouvelles perspectives dans le secteur agricole. La hausse des coûts des engrais et les perturbations de l’approvisionnement exercent une pression sur les agriculteurs africains. Cela pourrait créer une demande en matière d’irrigation, de matériel agricole, de stockage des céréales et de transformation alimentaire. Les entreprises chinoises qui s’engagent dans ces domaines devront également gérer des risques tels que la faiblesse des devises, les retards de livraison et les retards de paiement.
  • Le Zimbabwe associe les ressources minérales au financement des infrastructures. Le ministre des Finances du Zimbabwe a déclaré que Harare étudiait des accords avec la Chine visant à utiliser les futures recettes minières pour contribuer au financement des routes et des chemins de fer. Cette idée pourrait séduire d’autres pays riches en ressources. Les gouvernements pourraient de plus en plus souhaiter que les accords miniers incluent des infrastructures, des emplois et une transformation locale.
  • La sécurité numérique gagne en importance. Les marchés numériques africains vont au-delà des paiements mobiles et du commerce électronique. À mesure que de plus en plus de services se déplacent en ligne, la cybersécurité et la protection des données deviennent des exigences fondamentales pour les entreprises technologiques étrangères.

Le commentaire a également identifié quatre tendances pour les entreprises chinoises en Afrique.

  • La coopération en matière de ressources s’orientera vers la transformation locale. Des pays comme la Guinée et le Zimbabwe souhaitent que la valeur ajoutée issue des minerais reste sur leur territoire. Les entreprises chinoises seront soumises à une pression accrue pour soutenir les usines, l’emploi et la formation professionnelle.
  • L’électricité sera intégrée à la planification des projets. Une mine, un port ou un parc industriel ne peuvent fonctionner sans un approvisionnement électrique stable. Les entreprises chinoises devront réfléchir à la question de l’électricité avant même le début des travaux.
  • Le financement déterminera quels projets verront le jour. Les grands projets nécessiteront des prêts, des assurances et des plans de remboursement gérables par les gouvernements et les entreprises. Un faible coût de construction ne suffira pas.
  • La sécurité alimentaire et la cybersécurité créeront de nouveaux marchés. L’agriculture, la chaîne du froid, la transformation alimentaire, la cybersécurité et la conformité en matière de données pourraient devenir des secteurs de croissance importants pour les entreprises chinoises.

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