La filiale du fabricant d’armes chinois Norinco, Norin Mining, revient à la charge en R.D.Congo et propose d’augmenter les parts de l’Etat congolais, afin d’acquérir l’entreprise Chemaf qui exploite le cuivre et le cobalt.
Mise en vente en octobre 2023 pour cause de non-rentabilité suite à la chute des prix du cobalt, l’acquisition de Chemaf par Norin Mining, annoncée en juin 2024, avait été bloquée par la société publique minière congolaise, la Gécamines, en juillet 2024 qui mettait en avant sa propriété sur certains des permis, les plus importants, et niait à Chemaf le droit de les vendre sans son accord.
L’opposition de la Gécamines avait paralysé les discussions et avait vu Norin faire profile bas sur le dossier pendant plusieurs mois. En l’absence de repreneur, elle revient avec une nouvelle proposition.
Dans sa nouvelle offre, Norin Mining propose de faire passer les parts de l’etat congolais de 5 à 15% et reste ouverte à discuter des modalités de repartition des parts du moment où elle continuera à maintenir la majorité de l’actionnariat.
Désireuse de relancer seule dans l’exploitation du cobalt, la Gécamines s’est depuis mise en quête, sans succès, de financement afin de lui permettre de relancer les actifs de Chemaf. L’opposition de la Gécamines correspondait aussi à une période de forte pression de l’administration Biden qui tentait de réduire l’expansion chinoise dans le secteur du cuivre et cobalt congolais.
Une posture qui est aussi en alignement avec celles des autorités congolaises qui désirent de plus en plus de diversifier le portofolio du secteur cupro-cobaltifère en y intégrant d’autres acteurs que les chinois. Mais face à l’instabilité politique dans le pays, et le très faible prix du cobalt sur le marché mondial, il devient difficile de trouver un repreneur dans ces conditions.
Tout potentiel repreneur devrait être capable d’épurer les dettes de Chemaf qui s’élèvent à 920 millions $ dont 600 millions dus au trader suisse Trafigura, et offrir de garanties financières suffisantes pour relancer le projet. Aujourd’hui l’offre de Norin est chiffré à 1.4 milliard $ USD et semble remplir toutes les conditions. En novembre dernier, la Gécamines faisait une offre d’un million $ USD, très bien en deçà de ce qui est demandé.
À ce stade l’opposition de la Gécamines est plus de prinicipe que quoi d’autre. Face à la pression de Norin, de Chemaf et de ses créditeurs, il devient difficile difficile à la Gécamines de s’opposer à cette vente sans que cela ne soit perçu comme une décision politique de ne pas vendre un autre projet minier à une entreprise chinoise.
Avec l’administration américaine toute aussi déterminée à réduire l’influence chinoise en Afrique, il n’est pas impossible que les autorités congolaises et la Gecamines misent sur un soutien financier ou politique qui pourrait encourager d’autres acteurs à s’engager dans la reprise du projet.
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