Abonnez-vous à notre bulletin d'information bi-hebdomadaire gratuit sur la Chine-Afrique.

  • Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.

Suivez PAC sur les réseaux sociaux

Ecouter le Podcast PAC

R.D. Congo: Implications de la vente de Chemaf sur le marché du cobalt

R.D. Congo: Implications de la vente de Chemaf sur le marché du cobalt
Image d'illustration: Une installation de production de cobalt dans la ville de Lumbubashi, au sud de la RD Congo. SAMIR TOUNSI / AFP

La chute des prix du cobalt – 32.000 $ USD la tonne – sur le marché international n’est pas sans conséquences sur le secteur. Là où les constructeurs automobiles y voient une opportunité de réduire les coûts des véhicules électriques, les opérateurs miniers grincent des dents et voient leurs coûts de production exploser pendant que leurs bénéfices fondent comme neige au soleil.

La chute des prix aura aussi certainement pour conséquence de ralentir l’entrée de nouveaux acteurs sur un marché disputé entre chinois et occidentaux qui tentent désormais de developper et sécuriser une chaîne d’approvisionnement de cobalt indépendante des entreprises chinoises.

Là où les entreprises chinoises peuvent bénéficier du support financier, politique et institutionnel de Pékin et leur donner les moyens de faire face à la tempête, les entreprises occidentales privées, doivent se conformer à la nécessité de rentabilité et donc éviter tout projet risqué et à faible rentabilité. Et donc dans ce contexte des prix bas, il n’est pas certain que nous puissions voir de nouveaux acteurs privés non-chinois émerger sur le marché.

C’est dans ce contexte de prix bas que le groupe minier Chemical of Africa (Chemaf), partenaire du géant de la négoce Trafigura, a décidé de se mettre en vente. Le groupe est propriétaire et opère plusieurs projets de cuivre et cobalt en République démocratique du Congo.

En pleine expansion de ses projets Etoile et Mutoshi, Chemaf Resources et ses filiales ont cumulé une dette d’environ 690 millions de dollars, dont environ 510 millions de dollars ont été prélevés sur un prêt arrangé par Trafigura en 2022.

Aujourd’hui le groupe qui entend se vendre à 1 milliards de dollars USD, avait demandé aux potentiels acheteurs de soumettre leurs offres avant le 17 octobre 2023, délai qui a été depuis prolongé.

En 2022, Chemaf a produit 10 233,00 tonnes de cuivre et 3 048,86 tonnes de cobalt. Et la société dispose d’un plan de développement des ressources et des réserves pour prolonger la durée de vie de la mine à plus de 25 ans et prévoit de construire deux usines de traitement de cuivre et cobalt. Il s’agit donc indéniablement d’un actif minier important.

Importance et les implications de cette opération:

  • Importance: Dans un contexte de tensions géopolitiques autour des minerais stratégiques et de leur chaîne d’approvisionnement, la vente d’un projet de cuivre et de cobalt en RDC est sans aucun doute un événement majeur. C’est l’occasion pour l’entrée de nouveaux acteurs dans le secteur ou le renforcement de la position de ceux déjà présents dans le pays. Et je pense ici aux entreprises chinoises qui sont déjà intéressées à prendre le relais. 
  • De nouveaux acteurs : Autant les autorités congolaises souhaitent voir arriver de nouveaux acteurs dans ce secteur, autant je ne pense pas qu’elles s’opposeraient à une reprise par une société chinoise. D’ailleurs, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un projet privé dans lequel l’Etat congolais n’a pratiquement et légalement rien à dire. Mais dans la pratique et sous la pression de certains partenaires politiques extérieurs, elles peuvent toujours empêcher ou faciliter la reprise du projet par un acteur ou un autre.
  • Potentiels repreneurs : Outre les Chinois, qui restent certainement les principaux acteurs ayant les moyens financiers de reprendre ce projet, nous avons également les Émirats arabes unis, qui s’intéressent de plus en plus au secteur minier congolais. Ils ont récemment signé un important contrat avec le gouvernement congolais pour des projets miniers dans l’est de la RDC. Ils pourraient également être intéressés par ce projet. Il y a aussi l’Arabie saoudite, qui discute avec les États-Unis pour s’assurer un accès aux minéraux stratégiques. En juin dernier, le Fonds d’investissement public saoudien a approché les autorités congolaises pour investir 3 milliards de dollars dans le cuivre, le cobalt et le coltan congolais. La vente de cette mine pourrait en effet ouvrir la porte à un nouvel acteur autre que la Chine.

LECTURE RECOMMANDÉE:

C’est quoi le Projet Afrique Chine

Indépendant

Le Projet Afrique-Chine est fondamentalement independent, non-partisan et ne fait la promotion d’aucun pays, compagnie ou culture.

Actualité

Une sélection minutieuse des articles les plus importants de la journée sur la Chine et l’Afrique. Mise à jour 24 heures sur 24 par des rédacteurs humains. Pas de robots, pas d’algorithmes

Analyses

Des points de vue divers, souvent non conventionnels, d’universitaires, d’analystes, de journalistes et de diverses parties prenantes du débat Chine-Afrique.

Réseau

Un réseau de professionnels unique, composé de chercheurs, d’analystes, de journalistes et d’autres acteurs de la Chine et de l’Afrique du monde entier.