Le vice-président sud-africain Paul Mashatile a achevé samedi une visite en Chine, offrant un aperçu des complexités économiques et politiques qui sous-tendent ces relations.
Cette visite a laissé entrevoir la volonté du pays de trouver des partenaires alors que ses relations avec les États-Unis restent tendues. Lors du Salon international chinois de la chaîne d’approvisionnement, le vice-président a vanté les mérites de l’Afrique du Sud en tant que destination d’investissement.
Il a rencontré des dirigeants de grandes entreprises chinoises, notamment la China Communications Construction Company (CCCC), les constructeurs automobiles Geely et Chery, ainsi que Green Minerals and Metals (GMM Holdings).
Cette visite, qui l’a également conduit à Shenzhen, a mis l’accent sur la coopération, l’investissement et la création d’emplois dans divers domaines, notamment les infrastructures, la construction automobile, l’enrichissement des minerais, la gestion environnementale, la santé, les énergies renouvelables, l’industrie manufacturière de pointe, le développement des compétences et la localisation.
Sur le plan politique, il a également rencontré Liu Haixing, ministre du Département des affaires internationales du Comité central du Parti communiste chinois, ainsi que le vice-président Han Zheng. Ce dernier avait également rencontré M. Mashatile au Cap en mars.
Alors que l’on apprend que la Standard Bank sud-africaine (qui opère sur l’ensemble du continent) va fournir des services de compensation en RMB en Afrique, ce qui pourrait élargir l’utilisation de cette devise, M. Mashatile a présenté l’Afrique du Sud comme une plaque tournante pour les investissements chinois :
« L’Afrique du Sud est une destination d’investissement attractive, qui s’appuie sur des capacités industrielles de pointe, un secteur financier de classe mondiale et une infrastructure logistique bien établie. Nous restons engagés dans des réformes visant à faciliter les affaires, à accélérer le développement des infrastructures et à renforcer la compétitivité industrielle. »
Cette visite a fait l’objet de critiques sur X de la part de l’ambassadeur américain à Pretoria, Leo Brent Bozell III, qui a déclaré qu’elle compromettait le statut de non-alignement de l’Afrique du Sud.
Par ailleurs, la semaine a également été marquée par l’annonce selon laquelle le Bureau sud-africain des normes, une agence de protection des consommateurs, a suspendu son projet de réglementation visant à instaurer une inspection pré-expédition de grande envergure ciblant les produits chinois non conformes aux normes. Cette réglementation aurait exigé qu’un large éventail de produits importés obtiennent une certification spéciale.
Elle aurait été mise en veilleuse à la suite de consultations avec les autorités chinoises et l’Organisation mondiale du commerce.
POURQUOI C’EST IMPORTANT ? L’Afrique du Sud reste une plaque tournante économique majeure offrant un accès relativement aisé au continent. C’est également une puissance moyenne qui joue dans la cour des grands en tant que leader du Sud. Les événements de cette semaine montrent que Pretoria considère la Chine comme un partenaire de plus en plus crucial, dans un contexte de pression continue de la part des États-Unis et de limites structurelles à sa coopération avec des partenaires traditionnels comme l’Europe et le Japon. Pourtant, l’affaire du SABS révèle également une grande ambivalence à l’égard de la Chine parmi les fonctionnaires sud-africains.







