Le Mozambique et la Chine ont conclu un accord de coopération élargi qui associe sécurité, cartographie géologique et investissements industriels.
Annoncé à l’issue d’entretiens à Pékin entre Xi Jinping et Daniel Chapo, l’accord porte sur le développement des vastes ressources gazières du Mozambique — plus de 5.000 milliards de mètres cubes dans le bassin de Rovuma Basin — ainsi que sur des gisements encore largement sous-explorés de graphite, lithium et terres rares.
Au cœur du dispositif figure un vaste programme de cartographie géologique dans le nord du pays, destiné à identifier et évaluer des gisements critiques, avec l’appui de mécanismes de coopération sino-africains liés aux géosciences. Cette composante s’accompagne d’engagements chinois dans des infrastructures de transformation locale, visant à soutenir une montée en gamme industrielle du Mozambique au-delà des exportations de matières premières brutes.
L’accord se distingue aussi par sa dimension sécuritaire. Pékin s’est engagé à soutenir les efforts antiterroristes du Mozambique dans la province de Cabo Delgado, où l’insécurité a perturbé plusieurs projets énergétiques majeurs. Coopération en matière de formation, équipements et exercices conjoints doivent contribuer à sécuriser les zones d’exploitation.
L’ensemble reflète une approche intégrée de la Chine combinant l’accès aux ressources, l’industrialisation, la sécurité et la facilitation commerciale, y compris via l’élargissement des importations agricoles mozambicaines vers la Chine.
L’accord intervient également sur fond de rivalité géopolitique croissante autour des minerais de transition, alors que les États-Unis renforcent leur présence dans le graphite mozambicain via l’United States International Development Finance Corporation. Pour Pékin, il illustre une stratégie plus large visant à arrimer la coopération sécuritaire et développement des ressources afin de consolider son empreinte dans les chaînes africaines du gaz et des minerais critiques.
Il faut noter qu’en début d’année, la Chine a inauguré la première usine de transformation de graphite au Mozambique et en Afrique. Une cartographie géologique similaire a été menée par la Chine au Libéria et a permis de découvrir des gisements miniers susceptibles d’attirer 3 milliards de dollars d’investissements. À travers ce type d’études, la Chine se place en pole position pour accéder à de nouveaux projets miniers.





