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Afrique du Sud: L’ombre de la Chine a plâné sur Indaba Mining 2026

Le ministre sud-africain des Ressources minérales et pétrolières, Gwede Mantashe, s'exprime lors de la conférence Investing in African Mining Indaba, au Cap, en Afrique du Sud, le 9 février 2026. REUTERS/Esa Alexander

L’industrie minière tient cette semaine son plus important rendez-vous annuel au Cap, en Afrique du Sud, où les élites gouvernementales et dirigeantes d’entreprises se réunissent pour ce qui est généralement une conférence d’affaires routinière et relativement peu remarquable. Cette année, le contexte est légèrement différent.

Alors que les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques sont désormais au cœur de la rivalité croissante entre les États-Unis et la Chine, l’édition 2026 de l’African Mining Indaba est devenue une plateforme clé pour Washington afin de conclure des accords et promouvoir le message selon lequel les États-Unis ne sont plus à la traîne dans un secteur longtemps dominé par les acteurs chinois.

Les États-Unis ont envoyé à l’Indaba leur plus importante délégation à ce jour, conduite par de hauts responsables de la U.S. Trade and Development Agency, de la Development Finance Corporation et du Bureau du Représentant américain au Commerce, entre autres agences, ainsi qu’un important contingent d’ambassadeurs de la région.

De grands médias internationaux, notamment CNN, Bloomberg et CNBC, sont également présents, offrant une tribune aux représentants du gouvernement américain et aux acteurs du secteur privé.

L’ensemble de ces éléments a contribué à une multiplication des articles aux titres évocateurs tels que « Les États-Unis défient le contrôle chinois dans la course aux minerais africains » ou encore « Les États-Unis testent l’emprise de la Chine sur les minerais africains ».

Ce type de narration, largement favorable aux États-Unis, peut toutefois s’avérer trompeur, dans la mesure où l’autre acteur majeur de cette dynamique, la Chine, est largement absent.

Les parties prenantes chinoises — des ambassadeurs aux responsables gouvernementaux en passant par les dirigeants d’entreprises — tendent à éviter ces forums publics non scénarisés et anglophones. Elles maintiennent également un profil étonnamment discret à l’Indaba chaque année, malgré leur rôle central dans certains des plus grands secteurs miniers du continent.

Si le gouvernement américain s’est montré plus efficace pour façonner le récit autour des minerais critiques, porté par sa forte présence à la conférence et par la récente réunion ministérielle organisée à Washington, il convient de rappeler que la narration ne suffit pas en soi, et que les acteurs chinois continuent de conclure d’importantes opérations dans ce domaine.

L’an dernier, The Africa Report soulignait que les entreprises chinoises avaient « doublé la mise » sur leurs investissements miniers en Afrique, en finalisant pour plus d’un milliard de dollars d’accords. Un élément à garder à l’esprit à la lecture des articles en provenance du Cap cette semaine.

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