Le Global Development Policy Center de la Boston University a récemment publié une mise à jour de sa base de données sur les prêts chinois en Afrique. Cette actualisation met en évidence un nouveau recul des financements chinois sur le continent. En 2024, les prêts chinois à destination de l’Afrique se sont établis à 2,1 milliards de dollars, contre 3,4 milliards de dollars lors du rebond observé après deux années de forte contraction en 2021 et 2022. Le niveau atteint en 2024 est ainsi comparable à celui enregistré en 2005.
Ces financements ont concerné six projets répartis dans cinq pays — l’Angola, le Sénégal, la République démocratique du Congo, l’Égypte et le Kenya. Ils ont couvert plusieurs secteurs clés, notamment les transports, l’énergie, le secteur financier, ainsi que l’eau, l’assainissement et la gestion des déchets.

Le recul de ces prêts s’inscrit dans un contexte de prudence des institutions financières chinoises, non seulement quant à la capacité des pays africains à rembourser, mais aussi quant à la viabilité économique des projets à financer. Selon la Boston University qui a mis à jour sa base de données sur les prêts chinois en Afrique : »Ce sont les secteurs qui ont historiquement reçu la plus grande part des prêts chinois entre 2000 et 2024 [… ] ces secteurs font preuve d’une plus grande résilience dans l’obtention de prêts, même dans un contexte de contraction générale du crédit en Chine […] Ces secteurs restent résilients en matière de crédit, car ils sont moins facilement substituables par des investissements en actions. ».
Une lecture sectorielle met en lumière des évolutions contrastées de la structure des prêts chinois sur le continent africain. Dans le secteur de l’énergie, ces financements se sont longtemps concentrés sur les projets de production électrique, notamment les barrages hydroélectriques et d’autres infrastructures de production. Toutefois, à partir de 2020, un net recul de ce sous-secteur a été observé, au profit d’une montée en puissance des projets de transport et de distribution d’électricité. En 2024, les prêts accordés dans ce secteur ont porté sur un projet de lignes de transport électrique en Angola.

Le secteur des transports apparaît, quant à lui, comme le principal bénéficiaire des financements chinois en 2024. Il a concentré trois prêts répartis entre trois pays — le Sénégal, la RDC et le Kenya — pour un montant total de 1,2 milliard de dollars. Parmi ces projets, deux concernaient des infrastructures routières.
Sur les six pays récipiendaires, l’Angola a raflé la grosse part avec 1.4 milliards USD et deux projets financés dans le secteur du transport et de l’énergie.
La fluctuation du niveau des prêts chinois en Afrique au cours des cinq dernières années est davantage le reflet de la méfiance et d’une meilleure compréhension des risques des institutions financières chinoises que d’un recul économique de la Chine.
LECTURE RECOMMANDÉE:
- Global Development Policy Center: Selective Engagement and Strategic Retooling THE CHINESE LOANS TO AFRICA DATABASE, 2000–2024




