Lors de l’audition de confirmation du nouveau sous-secrétaire d’État chargé des affaires africaines, Frank Garcia, devant la commission des affaires étrangères du Sénat, – la commission auditionnnait aussi d’autres hauts fonctionnaires qui doivent être nommés à des postes d’ambassadeurs – le 5 mars 2026, le sénateur du Texas Ted Cruz a structuré l’essentiel de ses questions autour de la présence de la Chine en Afrique et de la manière dont les États-Unis pourraient rivaliser avec elle sur le continent.
Qu’il s’agisse de la façon dont Washington devrait aborder individuellement certains pays africains pour y défendre ses intérêts, ou encore du projet du Royaume-Uni de restituer les îles de l’archipel des Chagos — où se trouve la base américaine de Diego Garcia — à Maurice, souvent à tort présenté à Washington et dans certains milieux britanniques, comme un allié de Pékin, Pékin était au cœur de ses questions
Fait intéressant, la National Defense Strategy 2026, publiée par le Pentagone, évite le langage employé dans les stratégies précédentes, qui décrivait la Chine comme le « pacing challenge » des États-Unis, et met davantage l’accent sur la dissuasion et l’équilibre des puissances. Concernant l’Afrique, où la lutte contre le terrorisme occupe une place centrale, la Chine n’y est d’ailleurs pas mentionnée. Pourtant, cette audition a montré comment, dans les cercles politiques de Washington, l’Afrique continue d’être largement perçue à travers le prisme de la compétition avec la Chine.
Au-delà de ce cadrage, il est frappant, sans être réellement surprenant au regard des positions passées de Ted Cruz sur la Chine en Afrique, que l’importance de l’Afrique pour les États-Unis soit, à ses yeux, nécessairement envisagée sous l’angle chinois, comme si Washington ne pouvait pas engager le continent africain sur la base des besoins bilatéraux des deux parties.
Ted Cruz n’est pas le seul à avoir abordé l’engagement américain en comparant la Chine aux États-Unis. Dans sa remarque adressée à Frank Garcia, la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a abordé le nombre de postes diplomatiques américains en Afrique, la comparant à celui de la Chine, soulignant que la Chine y avait une présence diplomatique plus importante que celle des États-Unis.
Il est à noter cependant que Frank Garcia, dans sa note introductive comme dans ses réponses, n’a pas une seule fois fait mention de la Chine.
Suivre la vidéo de l’audition ici ( l’intervention de Ted Cruz commence à partir de 1h17’40 »)




