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Non, le Corridor de Lobito n’est pas un projet américain

Joe Biden Angola Lobito
Le président américain Joe Biden participe au sommet transafricain du corridor de Lobito à l'usine agroalimentaire de Carrinho, près de Benguela, le 4 décembre 2024. ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Le président américain Joe Biden s’est finalement rendu en Angola, comme il l’avait promis en décembre 2022. Lorsque cette promesse a été faite, on s’attendait à une visite plus substantielle, incluant peut-être plusieurs pays, et non une simple étape en tant que « canard boiteux ».

Ce voyage a servi d’excellente opération de communication pour l’administration Biden, le projet du corridor de Lobito étant présenté comme une initiative américaine visant à contrer la Chine et à réaffirmer la présence de Washington en Afrique. Cependant, il convient d’examiner ces affirmations de plus près.

Quid de contrer la Chine en Afrique?

Si les États-Unis entendent véritablement concurrencer la Chine en Afrique, notamment en sécurisant les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, le projet Lobito ne suffira pas à lui seul. Sans une présence plus forte de sociétés minières américaines activement engagées sur le terrain dans l’extraction de ressources telles que le cuivre et le cobalt, le corridor de Lobito restera un projet logistique bénéficiant à toutes les parties prenantes, y compris les sociétés chinoises.

Au-delà de Biden?

La viabilité à long terme du projet soulève également des questions. Le président angolais João Lourenço, le président de la RDC Félix Tshisekedi et le président zambien Hakainde Hichilema ont probablement pensé au sort du projet avec l’arrivée de la nouvelle administration Trump en janvier. Dans quelle mesure les engagements de Joe Biden seraient-ils maintenus ? Malheureusement, aucune assurance concrète n’a pu être fournie pour apaiser leurs inquiétudes.

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi (à gauche), le président zambien, Hakainde Hichilema (au milieu), et le vice-président tanzanien, Philip Isdor Mpango (à droite), visitent le port de Lobito le 4 décembre 2024 en compagnie du président angolais, João Lourenço, et du président américain, Joe Biden. ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Cependant, pour l’Angola la question reste claire : le succès du projet ne dépend pas de l’implication des États-Unis. Étant donné que le contrat de concession n’a pas été attribué aux États-Unis ou au consortium LAC (Lobito Atlantic Consortium composé du Suisse Trafigura, du Portugais Mota-Engil et du Belge Vecturis) en raison de l’influence américaine, son avenir n’est pas lié aux caprices d’une administration américaine. Même si la Société financière internationale pour le développement des États-Unis se retire partiellement ou totalement, le projet pourrait connaître des retards mineurs, mais il progressera en fin de compte si le consortium parvient à trouver d’autres partenaires financiers.

Un projet commercial et non géopolitique

Il est essentiel de comprendre que le corridor de Lobito est une initiative commerciale et non géopolitique. Bien que le soutien financier de la DFC soit important, le fait de qualifier le projet d’américain porte atteinte à la souveraineté de l’Angola. La décision de l’Angola d’accorder la concession à Trafigura plutôt qu’à des entreprises chinoises reflète son agence et ses priorités, et non son allégeance à un bloc géopolitique.

Grues de chargement dans le port de Lobito, en Angola. ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Présenter cela comme un projet mené par les États-Unis favorise un narratif inexact selon lequel l’Angola a choisi contre la Chine, laissant entendre qu’il a « vu la lumière » en s’alignant sur les États-Unis. Ce narratif infantilise l’Angola, réduisant ses actions à celles d’un pion dans une lutte de pouvoir mondiale plutôt qu’à celles d’une nation souveraine faisant des choix par le biais d’un processus d’appel d’offres transparent et complexe.

Une question de souveraineté

L’histoire de Lobito devrait mettre en évidence l’autonomie et le processus décisionnel de l’Angola. Reconnaître le rôle financier de la DFC ne diminue pas son importance et n’ignore pas non plus l’implication d’autres acteurs tels que la DBSA d’Afrique du Sud. Elle souligne simplement que ce projet représente la capacité de l’Afrique à choisir dans son meilleur intérêt.

Si les choix de l’Angola s’alignent sur les perspectives américaines, c’est une heureuse coïncidence pour l’Amérique, mais cela reste une décision africaine souveraine prise pour l’Afrique, et non pour des puissances extérieures.

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