Abonnez-vous à notre bulletin d'information bi-hebdomadaire gratuit sur la Chine-Afrique.
  • Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.

Suivez PAC sur les réseaux sociaux

Ecouter le Podcast PAC

Un autre revers pour la Chine en Angola, elle rate le contrat de concession du chemin de fer de Benguela

Image d'archive Station Lobito sur la voie ferrée de Benguela

L’attribution par l’Angola du contrat de concession du chemin de fer de Benguela au consortium européen conduit par le Suisse Trafigura au détriment du consortium chinois mené par la CITIC aura eu l’effet d’une petite bombe dans le pays. Pour les partenaires occidentaux, c’est une victoire symbolique sur la jadis toute-puissance chinoise dans le pays. 

Une Chine qui semble de plus en plus être en perte de vitesse en Angola et qui enchaine les déconvenues. C’est le deuxième revers majeur subi par Pékin en 2022. La semaine passée, il s’agissait de son éviction dans l’actionnariat de la mine de diamant de Catoca à la suite d’une décision de justice prise en 2021 par le procureur général de la République. 

Comme le dit Daniel Ribant dans Jeune Afrique, ces revers sont symptomatiques de la perte progressive de l’influence de Pékin dans le pays. Le départ du régime Dos Santos auquel s’était intimement arrimés les intérêts chinois dans le pays a été, sans surprise, l’élément déclencheur.

Dans l’attribution de la concession du chemin de fer de Benguela, JA révèle le rôle qu’ont joué les pressions diplomatiques occidentales sur le régime de Luanda. Des pressions diplomatiques auxquelles a été sensible un régime qui tient à diversifier ses partenariats économiques et réduire sa dépendance à la Chine

Quelques considérations à prendre en compte:

  • Pour la Chine : Ce revers est de taille car il prive Pékin d’un contrôle quasi-absolu du circuit d’évacuation des minerais du Copperbelt à travers le corridor de Lobito. Avec la concession du port de Lobito en poche, la gestion du chemin de fer de Benguela lui aurait permis de contrôler toute la chaine, de la production de cuivre et de cobalt en RDC et en Zambie, à l’évacuation par le train et finalement par le port. 
  • Pour l’Angola et l’industrie minière : L’importance de ce corridor pour l’ Angola et l’industrie minière dans la région oblige une collaboration entre chinois et occidentaux pour faciliter l’évacuation en douce des minerais. Avec les Chinois qui contrôlent le port de Lobito et les occidentaux la voie ferrée, la responsabilité sera angolaise de veiller à ce que les considérations géopolitiques ne viennent paralyser le bon fonctionnement de ce corridor. Et cette coopération pourrait éventuellement etre rendue possible par la présence de China Communications and Construction company dans l’actionnariat – 32% – de Mota-Engil qui fait partie du consortium européen. 
  • Rivalité sino-occidentale :  En quête de diversification, il serait important pour Luanda de ne pas faire le jeu de la rivalité sino-occidentale. L’Angola comme le reste du continent, n’a pas intérêt à faire le jeu d’une qui finalement ne profite que très peu aux pays concernés. La réduction de l’influence chinoise doit être le résultat d’une stratégie pensée et voulue en interne et non imposée par des acteurs extérieurs. 

Ces revers marqueraient-ils la fin de la présence chinoise en Angola ? Peuvent-ils être annonciateurs d’un retour en force des puissances occidentales au détriment de la Chine ? Classée à la 5e position des fournisseurs de brut à Pékin, L’Angola doit toujours 21.4 milliards de dollars US de dette à la Chine qu’elle repaie avec son pétrole, il serait donc bien prématuré de parier sur une défaite annoncée de Pékin dans le pays.
On pourrait cependant assister à un réajustement de l’approche chinoise qui se conformerait à sa nouvelle stratégie sur le continent. 

LECTURE RECOMMANDÉE