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Le prochain FOCAC se tiendra en Chine à l’automne 2024

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Le ministre des affaires étrangères chinois, Wang Yi,(deuxième à gauche) lors de la conférence de presse de la deuxième session du 14e congrès de l'Assemblée populaire de Chine le 7 mars 2024. Image : Ministère chinois des affaires étrangères.

Le ministre chinois des affaires étrangères Wang Yi a annoncé le 7 mars dernier lors de la conférence de presse de la seconde session du 14e congrès de l’assemblée populaire la tenue du 9è Forum de la Cooperation Chine-Afrique (FOCAC) en automne prochain en Chine.

Sans donner plus de détails, son annonce révèle aussi que le FOCAC de cette année sera probablement un sommet présidentiel en lieu et place d’une réunion ministérielle. Depuis son lancement en 2000 à Pékin, les réunions du FOCAC alternent entre réunions ministérielles, auxquelles participent parfois des chefs d’Etat et de gouvernement, et des sommets présidentiels où ce sont les chefs d’Etat et de gouvernement qui sont les principaux participants.

Le dernier FOCAC à Dakar en novembre 2021 ayant été présidentiel, certains ont donc supposé que celui de cette année aurait pu être une conférence ministérielle.

Le choix pour un sommet présidentiel peut se justifier entre autre par l’expansion du BRICS qui depuis janvier 2024 inclut trois pays africains et la nouvelle approche chinoise – Small & Beautiful – de la Belt and Road Initiative (BRI). Il s’agira donc certainement pour le président chinois de rassurer ses homologues africains quant à l’intérêt que la Chine continue de porter pour l’Afrique, et ce malgré la réduction des prêts chinois en direction du continent.

L’Afrique, qui malgré le « Small & Beautiful » de la BRI qui a conduit à une réduction des financements chinois vers l’Afrique, a été l’un des principaux récipiendaires des engagements et investissements de la Chine dans les pays de la BRI en 2023. Des engagements en terme d’investissements et de construction qui révèlent combien l’Afrique revêt une certaine importance économique non-négligeable pour les entreprises chinoises, spécialement celles du secteur minier qui ont été parmi les plus actives en 2023.

L’intérêt des pays africains pour ce sommet sera notamment observé par le nombre et le statut des participants. Une très grande participation des chefs d’Etat africains sera une victoire diplomatique pour Pékin dans un contexte de rivalité géopolitique croissant avec les Etats-Unis et d’autres pays occidentaux. De quoi projeter l’image d’une influence chinoise sur le continent toujours intacte.

En principe, la diplomatie chinoise ne devrait pas trop s’inquiéter de cet aspect. Cependant, il est possible que la récente austérité financière de Pékin de ces dernières années à l’égard des pays africains refroidissent les ardeurs de certains qui, craignant ne rien obtenir de substantiel de ce sommet, pourraient décider de se faire représenter.

Qu’il soit présidentiel ou ministériel, le sommet sera l’opportunité de passer en revue les promesses et engagements pris lors du sommet de Dakar en 2021 et jeter les bases des engagements futurs de la Chine en Afrique. Parmi les engagements non tenus, Pékin va devoir assumer le fait qu’il n’a pas été en mesure de porter ses importations en provenance d’Afrique à 300 milliards d’USD d’ici 2024. Les mesures d’exonérations accordées en faveur d’une dizaine de pays africans pauvres n’auront rien changé de la nature déséquilibrée du commerce entre la Chine et l’Afrique et ces pays là. En 2023 les exportations chinoises vers l’Afrique s’élevaient à 172 milliards USD et les importations à 109 milliards USD.

Du côté africain, l’enjeu pour plusieurs pays sera vraisemblablement d’avoir des agendas cohérents qui, créant des convergences avec la nouvelle approche de la BRI, permettront d’obtenir des résultats tangibles de la part de Pékin.

Mis à part quelques protocoles d’accord ça et là sur des domaines relativement « petits », la moisson des présidents africains en visite en Chine au cours de ces deux dernières années a été bien faible. La question devient donc comment l’Afrique compte t-elle faire valoir son importance à Pékin et obtenir d’elle des solutions concrètes et un accompagnement dans la résolution de ses différents défis.

Au delà des promesses et soutiens politiques de Pékin, une manne financière sera tres certainement espérée. Mais pour obtenir ces milliards de dollars, les pays africains devront prouver la solidité et la stabilité de leur situation macroéconomique et fournir des garanties quant à leur capacité à rembourser leurs dettes.

L’époque où la Chine était prête à dépenser sans compter en Afrique semble désormais bien loin derrière.

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