Attijariwafa Bank, premier groupe bancaire marocain présent dans 27 pays dont 15 africains, a annoncé son adhésion au Cross-Border Interbank Payment System (CIPS), l’infrastructure chinoise de règlement des paiements transfrontaliers en yuan. La banque n’a pas précisé si elle y participe directement ou par l’intermédiaire d’un tiers.
Elle emboîte le pas à Standard Bank, première banque africaine à traiter directement via CIPS depuis juin 2025, et à Ecobank, qui a signé un protocole d’accord avec le système le 12 octobre. Les grandes banques du continent rejoignent ainsi le réseau l’une après l’autre.
L’attrait est réel. La Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique et ses entreprises y sont omniprésentes, des mines aux infrastructures. Régler les transactions directement en yuan réduit les délais, les coûts et la dépendance aux chaînes de correspondance bancaire utilisant le dollars américain.
Et le contexte géopolitique renforce cet intérêt. Washington recourt de plus en plus à son système de paiement comme instrument de pression, ce qui rend attrayante une alternative non américaine. CIPS offre donc aux banques africaines une possibilité de diversification. Un choix qui plairait aussi à plusieurs dirigeants politiques africains.
Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large d’intégration du yuan dans les économies africaines. Les entreprises minières chinoises en Zambie paient désormais leurs redevances en yuan à l’État zambien, dont la banque centrale accepte désormais les transactions en yuan; au Kenya, le gouvernement a converti une partie de sa dette envers la Chine en yuan. Il reste à voir si ces adhésions se traduiront par des volumes de transactions significatifs.





