Tout le monde à Lagos est déjà passé au moins une fois devant China Town, situé dans le quartier d’Ojota, au nord de la mégapole nigériane aux 25 millions d’habitants.
Inauguré en 2005, le complexe, autrefois rouge écarlate, aujourd’hui rose délavé sous l’effet du temps et des intempéries, ressemble à une étrange forteresse médiévale installée au bord de l’autoroute.
À l’entrée, deux longs murs couverts de caractères chinois mènent vers une grande arche, comme un pont-levis ouvrant sur un autre univers.
Tout le monde connaît le lieu, mais finalement, peu de Lagosiens s’y sont réellement aventurés.
À première vue, China Town ressemble à un centre commercial dédié aux produits venus de l’Empire du Milieu.
Les boutiques de vêtements, de chaussures, d’électronique, de tissus ou d’ustensiles de cuisine, côtoient des échoppes vendant du ginseng, des remèdes traditionnels chinois et des thés variés.
Un supermarché propose des produits alimentaires importés, des sauces, des nouilles instantanées, des snacks et des boissons dont les emballages sont presque tous uniquement écrits en chinois.
La semaine, le lieu est rythmé par le va-et-vient des manutentionnaires qui déplacent les marchandises entre les boutiques et les entrepôts, pendant que des clients circulent dans les allées étroites du complexe.
Mais derrière les façades rouges et les enseignes chinoises, China Town fonctionne aussi comme un petit village.
Les commerçants, employés et habitants se connaissent tous. Dans les allées bordant le complexe vivent des citoyens chinois installés à Lagos. La plupart parlent peu anglais. Pour communiquer avec les employés nigérians ou les clients, certains font appel aux talents de traducteurs de compatriotes maîtrisant le mandarin et l’anglais. Beaucoup utilisent simplement des applications de traduction installées sur leurs téléphones.
À l’intérieur, se trouve aussi un hôpital, où exercent des médecins chinois. Sur les murs, des posters en mandarin présentent différentes plantes médicinales et traitements traditionnels.
Le dimanche, l’atmosphère change. Le lieu devient plus résidentiel, une vie de quartier s’agite. Des familles viennent faire leurs courses au supermarché, discuter entre voisins ou acheter de la viande de porc auprès d’un vendeur qui installe sa table pour la journée.
Des Chinois vivant dans d’autres quartiers de Lagos viennent eux aussi y retrouver des produits et une atmosphère familière moins présente dans le reste de la ville.
odm/sn/fvl/def
© Agence France-Presse




