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Le non-interventionnisme de Pékin connait ses limites (Expert)

Chine Niger neutre régime
Image d'archives: Des ouvriers nigériens et chinois sur le chantier d'un oléoduc dans la région de Gaya, au Niger, le 10 octobre 2022. (Photo BOUREIMA HAMA / AFP)

Depuis plusieurs années, la Chine se présente comme un acteur non-interventionniste, neutre et « régime agnostique » affirmant travailler avec tout gouvernement légalement établi, indépendamment de son origine. Toutefois, dans les faits, Pékin place au premier plan la stabilité du régime en place et la défense de ses intérêts stratégiques, quitte à soutenir des autorités issues de prises de pouvoir extraconstitutionnelles. Ce qui explique sa position non-interventionniste après les coups, notamment au Niger, et son adaption rapide avec le nouveau pouvoir en place.

Sous la junte du général Tchiani au Niger, cette approche a connu de sérieux revers. En mars 2025, trois cadres de la China National Petroleum Corporation (CNPC) ont été expulsés de Niamey, tandis qu’auparavant la licence d’un hôtel chinois avait été révoquée et, en mai 2025, les permis de travail des expatriés détenteurs de plus de quatre ans de service suspendus. Ces décisions unilatérales, imposées par décret, illustrent l’arbitraire d’un pouvoir militaire qui ignore tout processus d’arbitrage indépendant.

Ces tensions mettent en péril l’ampleur considérable des investissements chinois : près de 6 milliards de dollars ont été engagés dans le gisement pétrolier d’Agadem, la raffinerie Soraz (980 millions), et le pipeline Agadem–Sèmè. Par ailleurs, la Chine détient des participations dans l’uranium (mine d’Azelik) et a conclu en 2023 un accord hydrocarbures avec Sinopec sous l’ancien gouvernement.

Ces engagements sont aujourd’hui mises à mal sous le pouvoir de la junte : le Niger accuse la CNPC d’avoir 519 millions de dollars d’arriérés de paiement, tandis que l’effondrement de l’État de droit prive les entreprises chinoises de recours contractuels. Des différends frontaliers avec le Bénin ont interrompu les exportations pétrolières, nécessitant l’intervention diplomatique du ministre Wang Yi pour restaurer les flux.

Enfin, cette dynamique s’inscrit dans un contexte sahelien plus vaste : au Burkina Faso, Mali et Guinée, Pékin reproduit son modèle transactionnel, finançant centrales solaires ou projets miniers sans conditionner son soutien à la qualité de la gouvernance. Un rapport de mai 2025 du Shanghai Municipal Commission of Commerce alerte les entreprises sur l’instabilité politique et recommande une neutralité stricte et l’interdiction de tout engagement politique de la part des employés.

Dans un tel environnement, l’équilibre entre pragmatisme et stabilité de régime révèle ses limites. L’absence de garanties juridiques et la dépendance aux arbitrages d’une junte accroissent les risques financiers, opérationnels et réputationnels pour la Chine.

Lire l’article détaillé de Paul Nantulya sur le site du Africa Center for Strategic Studies

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