Le gouvernement sierra-léonais a lancé la Sierra Leone Ocean Shipping Company (SLOSCO), une joint-venture détenue à 70 % par le groupe chinois Zhejiang Xiehai et à 30 % par l’agence publique maritime nationale.
La compagnie vise une flotte de 50 navires, dont 30 dès la première phase, et devrait prendre en charge 40 % du fret à destination et en provenance du pays. Elle transportera des minerais, des produits agricoles et des marchandises diverses, en s’appuyant sur la liaison directe entre le port chinois de Taizhou et Freetown, ouverte en décembre 2025.
Pour le président Julius Maada Bio, il s’agit de réduire la dépendance du pays à l’égard des armateurs internationaux. L’accord prévoit également la formation et l’emploi de Sierra-Léonais. Le partenariat avec un acteur chinois n’est pas anodin. La Chine est le premier constructeur naval mondial et dispose d’un savoir-faire maritime dont l’industrie sierra-léonaise pourrait tirer parti. Elle pourrait aussi contribuer à réduire les coûts de transport vers le pays.
La nouvelle compagnie devrait aussi dynamiser les échanges bilatéraux. Or, ceux-ci restent très déséquilibrés, dominés par les exportations de minerai de fer sierra-léonais vers la Chine et par les importations de produits manufacturés chinois. L’implication chinoise peut dès lors être perçue comme une manière pour Pékin de sécuriser et d’accélérer ses approvisionnements en minerai de fer.
POURQUOI C’EST IMPORTANT: Ce partenariat mérite une attention particulière. Une entreprise chinoise prend le contrôle majoritaire d’une société logistique adossée à un organisme public africain, dans un secteur jugé stratégique. Ce cas intervient alors que l’empreinte chinoise dans les ports africains suscite déjà des interrogations, qu’il s’agisse des infrastructures construites ou exploitées par des groupes chinois, des logiciels de gestion portuaire ou des données qu’ils traitent.
Avec SLOSCO, cette présence s’étend des quais aux navires eux-mêmes. Le président Bio a assuré que la compagnie opérerait aux côtés des armateurs existants, selon des règles commerciales et les normes internationales. Il reste à voir comment cette gouvernance sera garantie dans la durée tout en préservant le droit des autres opérateurs. La crainte serait de voir la SLOSCO bénéficier d’un traitement de faveur de la part des autorités portuaires sierra-léonaises.





