La Chine se positionne dans le secteur de la reconstruction du Soudan d’après-guerre, alors même que le conflit se poursuit . Pékin cherche ainsi à s’implanter en amont dans plusieurs secteurs, notamment les infrastructures portuaires et l’électricité.
Le mois passé, la Société des ports maritimes du Soudan a signé un accord avec China Harbour Engineering Company pour moderniser les installations existantes et développer de nouvelles infrastructures. Dans le secteur énergétique, Siyuan Energy doit évaluer l’état des centrales endommagées par la guerre, tout en fournissant des transformateurs et des sous-stations mobiles. Une autre entreprise chinoise, Hunan Construction, envisage également de participer à des projets hybrides de production d’électricité. La compagnie pétrolière chinoise CNPC a repris contact avec Khartoum pour relancer ses opérations dans le pays.
Cette mobilisation pourrait conférer aux entreprises chinoises un avantage à la fin de la guerre et lors de la reconstruction. En nouant dès maintenant des relations avec Khartoum, elles se placent en bonne position pour obtenir des contrats futurs et consolider leur présence dans des secteurs clés du pays. Elles pourraient également bénéficier de conditions commerciales favorables.
Dans son approche, Pékin doit également tenir compte des difficultés financières du Soudan. Le gouvernement soudanais dispose en effet d’une marge de manœuvre financière réduite. La guerre a détruit de nombreuses infrastructures, affaibli les institutions et aggravé les besoins de financement, tandis que les sanctions occidentales et les risques sécuritaires continuent de dissuader une partie des investisseurs étrangers.
Un contexte qui devra obliger la Chine à financer elle-même ces projets qui l’intéressent. D’où la question du mode de financement, de la hauteur et des conditions de remboursement, en cas de prêts, se posera avec acuité. Depuis plusieurs années, Pékin se montre de plus en plus frileux face aux risques liés à l’instabilité politique, économique et parfois sociale des pays africains et à leur impact sur ses financements.
Cette approche reste néanmoins conditionnée par l’évolution du conflit. Les accords conclus témoignent d’un intérêt réel, mais leur mise en œuvre dépendra de la sécurité, du financement disponible et de l’émergence d’un cadre politique suffisamment stable.






