À partir du 1er mai, la Chine va mettre en œuvre sa mesure de suppression intégrale des droits de douane sur les produits en provenance d’Afrique. Cette décision élargit un dispositif amorcé fin 2024 et ouvre un accès sans restriction au marché chinois, créant de nouvelles marges de manœuvre et opportunités pour les exportateurs africains.
Dans ce contexte, le Maroc se positionne en privilégiant une stratégie axée sur les produits transformés à forte valeur ajoutée. Rabat prévoit notamment de lancer en juin un pavillon national sur la plateforme de vente en ligne chinoise JD.com, destiné à promouvoir une sélection de produits marocains, allant des cosmétiques à la maroquinerie, en passant par les conserves de sardines et les fruits transformés. Cette initiative s’appuie sur une évolution de la demande chinoise, portée par la croissance des classes moyennes.
Au-delà du cas marocain, cette dynamique illustre une transformation plus large des échanges entre la Chine et l’Afrique. Longtemps dominés par les exportations de matières premières, les pays africains cherchent autant que possible à modifier cette tendance. Ils veulent désormais voir ces flux tendre s’orienter vers des produits semi-transformés ou transformés, ce qui favorise une meilleure intégration des économies africaines dans les chaînes de valeur mondiales. L’essor du commerce électronique chinois, combiné aux infrastructures logistiques développées sur le continent, renforce cette tendance vers une relation économique plus diversifiée.
Le Maroc n’est pas le seul à réfléchir au futur de ses relations commerciales avec la Chine. D’autres pays du continent, comme le Ghana ou l’Ouganda, mènent les mêmes réflexions.
Le véritable défi pour les pays africains consistera à identifier des produits qui pourraient leur permettre de tirer avantage du marché chinois, car il ne faut pas perdre de vue que la Chine produit presque tout. La question devient donc, que pouvons-nous exporter vers la Chine qu’elle ne produit pas déjà.



