Cet article dresse un panorama des avancées récentes de la mobilité électrique en Afrique, où des acteurs chinois – souvent en partenariat avec des firmes locales ou occidentales – adaptent leurs modèles aux réalités d’infrastructure, d’énergie et de coût.
En Afrique du Sud, Leapmotor prépare, via son partenaire Stellantis, la commercialisation en septembre du C10, un SUV électrique à prolongateur d’autonomie (REEV) dont le moteur essence recharge la batterie en roulant. Ce positionnement vise un marché qui privilégie les hybrides aux BEV, dans un contexte de délestages fréquents et de maillage de recharge encore limité. Stellantis, présent depuis quatre ans, construit parallèlement une usine visant 100 000 véhicules à l’horizon 2030.
Au Maroc, une joint-venture sino-marocaine entre CNGR Advanced Materials et Al Mada a inauguré une usine de précurseurs cathodiques NMC opérée par Cobco. Sa capacité prévue pourrait équiper près d’un million de véhicules par an. Porté par un mix électrique dont 38 % provient désormais des renouvelables, ce projet ancre le pays plus en amont des chaînes de valeur batteries et illustre l’usage de la politique énergétique comme stratégie industrielle.
À Nairobi, Zeno, dirigée par un ancien cadre de Tesla, lance des motos électriques destinées aux usages urbains et professionnels. Le modèle Emara affiche une capacité de charge de 250 kg et une autonomie annoncée de 90 km, malgré un cadre réglementaire et des infrastructures encore en retard.
Parallèlement, Spiro, présent dans huit pays avec des motos à batteries échangeables, s’associe à l’américain ACE pour recycler les matériaux lithium-ion, prolonger la durée de vie via des systèmes de gestion (BMS) et déployer des usages « seconde vie » en stockage stationnaire—une réponse aux craintes d’e-déchets et un levier d’emplois circulaires.
En somme, l’Afrique s’impose comme terrain d’essai : trajectoires non linéaires, solutions pragmatiques (REEV, batteries échangeables, ancrage local), et politiques publiques inégales. Pour la Chine, le continent est à la fois marché et laboratoire. La transition dépendra d’investissements énergétiques, fiscaux et climatiques mieux alignés durablement.
Lire l’article complet de Njenga Hakeena sur le site du China-Global South Project.







