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Au Niger, l’attaque contre le pipeline d’Agadem du chinois CNCP fait six morts

Niger rebelles oléoduc Chine CNPC
Graphique créé par le China Global South Project

Six soldats nigériens d’une unité chargée de surveiller l’oléoduc acheminant le pétrole vers le Bénin ont été tués en début de semaine, lors d’une attaque de « bandits armés » dans le sud du pays, a annoncé dimanche l’armée nigérienne.

« Une patrouille dédiée à la sécurisation du pipeline (pétrolier) a été attaquée par des bandits armés aux abords du village de Salkam (…) Malheureusement nous déplorons le décès de six de nos camarades », précise l’armée dans son dernier bulletin des opérations, sans mentionner la date.

Selon une source locale interrogée par l’AFP, cette attaque a eu lieu le 12 juin.

C’est la première attaque de ce genre contre cet oléoduc de près de 2.000 km qui doit acheminer du brut depuis les puits pétroliers de l’Agadem (nord-est nigérien) jusqu’au port béninois de Sèmè-Kpodji.

L’armée assure que « suite à une riposte énergique » des militaires nigériens, « les assaillants ont été contraints de battre en retraite » et ont pu « emporter avec eux un nombre indéterminé de morts et de blessés ».

Les militaires visés font partie de l’opération anti-terroriste « Damissa » (Tigre, en langue haoussa) active depuis quelques années dans la région de Dosso (sud) frontalière du Nigeria et du Bénin.

Cette opération dispose d’un bataillon d’intervention de plus de 500 hommes dont les éléments ont été notamment formés par les forces françaises qui ont depuis quitté le pays à la demande des autorités. Paris l’a équipé en véhicules pick-up et armes lourdes.

Plus de 700 soldats sont chargés de surveiller l’oléoduc mis en service en novembre par le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, nommé par le régime militaire au pouvoir au Niger depuis un coup d’Etat en juillet 2023.

Une source locale a indiqué que l’attaque est survenue à une dizaine de kilomètres du village de Salkam, dans la région de Dosso.

Cette région, surtout la zone de Gaya, frontalière du nord du Bénin et riveraine du Parc du W, est confrontée depuis quelques mois à de violentes « attaques terroristes », selon le ministère de la Défense du Niger.

Le Niger est touché par des violences jihadistes sur plusieurs pans de son territoire, à l’ouest près du Mali et du Burkina et au sud-est riverain du lac Tchad et du Nigeria.

Début juin, l’armée du Niger a annoncé la création d’une « force de protection », contre les attaques « terroristes » sur les sites « stratégiques », dont les mines d’uranium du nord, les puits pétroliers d’Agadem et avec « un accent (particulier) » sur l’oléoduc en direction du Bénin.

Ce pétrole est essentiel pour les économies des deux pays et pour l’entreprise chinoise Wapco qui l’exploite.

Mais relations entre le Bénin et le Niger, tendues depuis le coup d’Etat de juillet, se sont envenimées ces dernières semaines.

Niamey a été sous le coup de sanctions régionales pendant plusieurs mois après le coup d’Etat. Depuis leur levée, le pays a rouvert sa frontière avec le Nigeria mais refuse de rouvrir celle avec le Bénin.

Or, le président béninois Patrice Talon en fait une condition pour charger le pétrole.

Le 5 juin, cinq nigériens ont été arrêtés au Bénin dans le port de Sèmè-Kpodji et trois d’entre eux seront jugés lundi. Le lendemain, Niamey a coupé les vannes de l’oléoduc.

bh/pid/mm

© Agence France-Presse

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