À Harare, quelque chose est en train de changer, l’héritage britannique est en train de laisser place à la nouvelle touche chinoise. Les noms de rues hérités de l’époque coloniale sont toujours là, mais le paysage urbain évolue avec des panneaux publicitaires en mandarin, de nouveaux commerces, et surtout une vague d’investissements venus de Chine qui font désormais partie du paysage quotidien.
Attirés par le lithium, le diamant et l’or zimbabwéens, des entrepreneurs chinois s’installent et investissent. Résultat, un marché immobilier en plein essor porté par une nouvelle bourgeoisie chinoise qui profite du coût abordable de la vie. Certaines villas s’arrachent à plus de 2 millions de dollars, parfois payées en liquide. Les agences immobilières s’adaptent, apprennent le mandarin et ciblent cette nouvelle clientèle. Supermarchés, restaurants et même casinos chinois font désormais partie du décor.
Ce mouvement s’inscrit dans un contexte économique difficile. Après des années de crise sous Robert Mugabe puis Emmerson Mnangagwa, le pays peine à attirer des capitaux. Dans ce paysage incertain, les investisseurs chinois apparaissent comme des acteurs clés, prêts à miser là où d’autres se retirent.Ils se sentent un peu comme à la maison dans un pays où le climat politique leur est clairement favorable.
Mais cette transformation ne se fait pas sans tensions. Une partie de l’ancienne élite, issue en grande partie de la communauté blanche d’origine britannique, observe avec inquiétude l’arrivée de ces nouveaux acteurs. Au-delà des différences culturelles, c’est aussi un changement de rapports de force économiques qui se joue.
En filigrane, toute l’évolution des partenariats du Zimbabwe se dessine. Alors que le Royaume-Uni dominait autrefois les échanges, la Chine figure aujourd’hui parmi ses principaux partenaires commerciaux. Harare devient ainsi le reflet d’une Afrique en mutation, où les centres de gravité économiques se déplacent — parfois discrètement, mais sûrement.




