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Les réseaux maritimes chinois en Afrique vont au delà des infrastructures portuaires

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L’expansion de la présence chinoise dans les ports africains est souvent analysée sous l’angle des infrastructures. Pourtant, selon une récente étude de l’Africa Center for Strategic Studies, Pékin est en train de construire un écosystème maritime beaucoup plus vaste, intégrant logistique, technologies, gouvernance et coopération sécuritaire.

Depuis le lancement de l’Initiative des Nouvelles Routes de la Soie en 2013, la Chine a investi près de 50 milliards de dollars dans les infrastructures portuaires africaines. Les entreprises chinoises opèrent, financent ou détiennent des participations dans environ un tiers des ports du continent. Mais leur présence s’étend également aux réseaux ferroviaires, aux entrepôts, aux plateformes logistiques, aux logiciels de gestion portuaire et aux technologies d’automatisation.

Plus de trente pays africains utilisent désormais le système chinois de navigation par satellite BeiDou, tandis que des technologies chinoises de gestion intelligente des ports, fondées notamment sur l’intelligence artificielle, sont progressivement intégrées dans plusieurs infrastructures maritimes.

Pour les auteurs du rapport, cette stratégie répond à plusieurs objectifs. Il s’agit d’abord de sécuriser des routes commerciales essentielles pour les importations chinoises de pétrole, de gaz et de matières premières. Les corridors maritimes du golfe d’Aden, du golfe de Guinée et du cap de Bonne-Espérance représentent ainsi des points névralgiques pour le commerce extérieur chinois.

Cette présence croissante s’accompagne également d’une montée en puissance des activités navales chinoises. Depuis ses premières missions anti-piraterie au large de la Somalie en 2008, la marine chinoise a multiplié les escales, les exercices conjoints et les coopérations avec plusieurs pays africains. La base militaire établie à Djibouti en 2017 illustre l’imbrication croissante entre infrastructures commerciales et considérations stratégiques.

Au-delà des aspects militaires, Pékin investit également dans la formation et la gouvernance maritimes. Programmes universitaires, formations pour les responsables africains, coopération scientifique et initiatives sur l’économie bleue contribuent à diffuser les normes et pratiques chinoises.

Les auteurs soulignent néanmoins plusieurs risques potentiels. Une dépendance excessive vis-à-vis des infrastructures, des technologies et des financements chinois pourrait réduire la marge de manœuvre des États africains. Les questions liées à la transparence des contrats, à l’endettement ou encore à la pêche illégale pratiquée par une partie de la flotte chinoise continuent également d’alimenter les préoccupations.

Pour l’Africa Center, l’enjeu pour les pays africains n’est pas tant de limiter leur coopération avec Pékin que de développer des stratégies nationales capables de préserver leur autonomie tout en tirant parti des opportunités offertes par cette intégration croissante aux réseaux maritimes chinois.

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