L’UNESCO et la plateforme chinoise de formation au codage « Codemao » poursuivent l’expansion de leurs activités de formation en intelligence artificielle en Afrique. Lancée en 2021, l’initiative conjointe de l’UNESCO et de Codemao promeut une éducation au codage et à l’IA inclusive, sûre et équitable en Afrique et en Asie. Le programme repose sur trois axes: la formation pratique, la création de réseaux éducatifs intercontinentaux et la sensibilisation à l’autonomisation numérique.
Selon Mary Nyasimi, spécialiste de programme national au Bureau régional de l’UNESCO pour l’Afrique de l’Est, l’IA et les outils numériques transforment l’enseignement et l’apprentissage sur le continent. « Accélérer l’éducation à l’IA est essentiel pour réduire la fracture numérique, renforcer le capital humain et améliorer la compétitivité mondiale du Kenya et de l’ensemble du continent africain », a-t-elle déclaré récemment à Nairobi.
En Afrique, dans sa première phase, qui s’est déroulée de 2021 à 2024, le programme a couvert trois pays: le Kenya, le Congo et la Namibie. Dans sa deuxième phase, de 2025 à 2030, le programme devrait s’étendre à la Côte d’Ivoire. En mai dernier, l’UNESCO et Codemao ont annoncé la prolongation de leur partenariat jusqu’en 2035. Jusqu’à présent, l’initiative a reçu un soutien financier de 2 millions USD de la part de Codemao et un soutien matériel du fabricant de téléphones mobiles chinois Oppo qui a distribué 200 tablettes de codage graphique à des écoles au Kenya et au Congo.
Dans le cadre de cette initiative, des voyages d’immersion à Shenzhen ont été organisés à l’attention des professeurs et de certains élèves. Augustine Nzuki, enseignante à l’école primaire Tala Township, dans le comté de Machakos, faisait partie en juillet d’une délégation kényane de huit personnes, composée de quatre enseignants et de quatre élèves, invitée à Shenzhen, en Chine, pour observer l’impact de la quatrième révolution industrielle sur l’éducation.
Au Kenya, 20 écoles des comtés de Kiambu, Nairobi, Kajiado et Machakos ont rejoint le projet depuis 2025. Plus de 1 200 élèves kényans ont été formés, et des clubs de codage scolaires ont été créés pour favoriser l’apprentissage entre pairs.
POURQUOI C’EST IMPORTANT: Un nombre croissant de structures publiques et privées chinoises s’associent à des agences internationales onusiennes pour mener des initiatives sociales en Afrique. Le 11 février 2025, la Banque chinoise d’import-export (China Eximbank) et l’UNICEF ont signé un protocole d’accord à Pékin pour fournir des services essentiels aux enfants vulnérables du Nigeria. En juin 2025, à l’occasion du quatrième China-Africa Trade and Economic Expo, l’UNICEF et le China-Africa Business Council (CABC) ont signé un protocole d’accord pour promouvoir et protéger les droits de l’enfant en Afrique, notamment dans les domaines de l’éducation,
Ces partenariats permettent à la Chine de bénéficier de l’accompagnement et de l’expertise de ces agences onusiennes pour le déploiement de ses activités sur le continent. Ils permettent aussi à la Chine de se positionner comme un partenaire social et éducatif à l’échelle internationale, dans un contexte où les États-Unis et d’autres pays occidentaux se retirent de ce type d’activités.



