Les Etats-Unis sont-ils activement en train d’oeuvrer dans le blocage par Norin Mining, filiale de l’armurier chinois Norinco, des mines de cuivre et cobalt de l’entreprise Chemaf en République démocratique du Congo? C’est la question que l’on est en droit de se poser au regard de la dernière sortie sur X de de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine.
Alors que la Gécamines n’a toujours pas réagi à l’offre renouvelée et améliorée de Norin Mining pour l’acquisition de l’entreprise Chemaf en RDCongo, la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants américain a publié un tweet dans lequel elle encourageait activement le gouvernement congolais à continuer à s’opposer à cette acquisition car elle mettait en danger la sécurité nationale des Etats-Unis et serait préjudiciable aux Etats-Unis et à la RDC.
Le tweet lui-même est chargé de sous-entendus menaçants à l’égard du gouvernement de la RDC pouvant laisser croire que l’administration américaine ne serait pas contente si Norinco venait à acquérir le projet.
Ce n’est pas la première fois que les Etats-Unis sont cités derrière une opposition à cette transaction. En juillet dernier, le Financial Times révélait que les Etats-Unis avaient encouragé la Gécamines dans cette posture de façon à permettre la reprise des titres de Chemaf par une entreprise jugée proche des intérêts américains.
Ce sentiment est renforcé face à nouvelle opposition de la Gécamines face à la récente offre de 1.4 milliiards $ de Norin Mining – offre qui devrait permettre d’effacer la dette de l’entreprise et relancer le projet – alors qu’elle, la Gécamines, ne fait aucune contre-offre meilleure.
Sommes-nous en train d’assister à une opposition géopolitique où Washington tente autant que possible de freiner l’expansion chinoise dans les minerais critiques? La nouvelle administration américaine n’avait pas fait secret de sa volonté de s’opposer à la Chine et de faire de l’accès aux minerais critiques une question centrale de sa politique étrangère.
Il y a quelques jours, le New York times rapportait l’offre du président congolais, Felix Tshisekedi, de signer des accords dans l’exploitation des minerais critiques en échange de paix et sécurité, surtout dans sa guerre contre les rebelles du M23 soutenus par l’armée rwandaise.
Autant que la Gécamines ait pleinement le droit de s’opposer à cette transaction, autant il n’est pas impossible que son opposition soit aussi motivée par les agendas politiques du président congolais, et géopolitiques des Etats-Unis. Serait-elle devenue un instrument de la géopolitique américaine en RDC, ou s’agit-il simplement d’un alignement d’intérêts avec les Etats-Unis.
Avec ses ressources en cuivre et cobalt, La RDC devait être l’un des points chauds de la compétition géopolitique entre les États-Unis et la Chine en Afrique. En Ukraine, on a vu comment l’administration Trump n’a pas hésité à forcer le président ukrainien à céder, pourrait-on s’attendre à pareille approche en RDC?



