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La recherche et l’innovation mettront-elles fin à l’heure de gloire du cobalt et du nickel ?

cobalt nickel recherche innovation Congo Indonésie
Un mineur congolais tient un morceau de minerai de cobalt. Image : Junior Kannah / AFP

Au delà des tensions géopolitiques sino-occidentales sur les minerais de la transition énergétique, c’est bien la recherche et l’innovation qui pourraient bien causer la ruine des pays riches du sud producteurs de ces minerais. Au fil des années des pays comme la R.D.Congo – premier et plus large producteur mondial de cobalt – et l’Indonésie – premier producteur mondial de nickel – avec plus de succès que la RDC, tentent de tirer des avantages économiques de ces minerais.

Tentant de profiter de ces minerais de plus en plus demandés par les industries des énergies renouvelables et des véhicules électriques et autres technologiques, ces pays producteurs ont mis en place des politiques nationales visant à developper localement des chaines de valeur locale. Le but, capturer plus de revenues générées par la plus value des minerais transformés, créer plus d’emploi et booster leur développement.

De Jakarta à Santiago de Chile en passant par Harare et Kinshasa, on ne jure que sur les chaines de valeur locale et sur la plus value qu’elles apporteraient aux économies nationales. Il s’agit pour ces pays de ne pas manquer le train de la transition énergétique en profitant pleinement des minerais qu’ils possèdent. Et évidemment leurs stratégies reposent sur l’utilité et donc la demande de ces minerais. En bref, c’est la forte demande des différentes industries qui déterminent l’importance de ces minerais.

Cependant la forte concentration de certains de ces minerais – le cobalt et le nickel – entre les mains d’un nombre limité de pays producteurs constitue un risque majeur pour toutes les industries qui en dépendent car la simple instabilité dans l’un de ces pays ou une décision politique, suffirait à déstabiliser le marché international.

C’est conscient de cette réalité que des milliards sont investis en recherches pour trouver des alternatives, plus accessibles, disponibles et moins chers, à ces minerais de façon à réduire ces risques.

Ironiquement, c’est la Chine, dont le contrôle sur le cobalt congolais et le nickel indonésien inquiète les capitales occidentales, qui mène la danse de ces recherches visant à trouver des alternatives au cobalt et au nickel. Chaque année les fabricants chinois de batteries pour VE et les constructeurs automobiles rivalisent d’ingéniosité pour mettre sur le marché des batteries plus performantes et composés de matériaux facilement accessibles.

Aujourd’hui le marché des batteries des voitures électriques en Chine est dominé par les batteries LFP (Lithium Fer phosphate) que NMC (nickel cobalt manganese). La préférence aux LFP étant notamment déterminée par le faible prix de ces batteries car composés de matériaux largement et facilement disponibles.

La dernière recherche en date, produite par des chercheurs chinois affiliés à des institutions américaines, prouve combien l’industrie automobile est déterminée à réduire les risques de dependance en développant de nouvelles technologies.

Ces innovations sont les premiers ennemis des pays comme la RDC ou l’Indonésie. Plus de solutions alternatives seront trouvées au nickel et au cobalt plus ces minerais cesseront d’être aussi stratégiques qu’ils ne le sont aujourd’hui et plus les pays producteurs perdront de l’importance qu’ils ont aujourd’hui à cause de ces minerais. Ne perdons pas de vue, c’est l’application finale et la forte demande de ces minerais qui déterminent leur valeur.

Si ces pays producteurs veulent maintenir un semblant de contrôle sur les futures tendances technologiques, ils devront aussi investir des milliards de dollars en recherches pour maintenir l’importance de ces minerais. Mais compte tenu de la nature du niveau technologique des industries qui en dépendent et du faible niveau d’industrialisation et de progrès technologiques dans ces pays, il n’est pas certain qu’ils aient les moyens financiers, techniques et l’expertise nécessaires pour se lancer dans ces recherches avancées.

La recherche et l’innovation pourraient bien sonner le glas de l’heure de gloire du cobalt congolais et du nickel indonésien. L’avenir nous en dira plus.

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