Abonnez-vous à notre bulletin d'information bi-hebdomadaire gratuit sur la Chine-Afrique.

  • Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.

Suivez PAC sur les réseaux sociaux

Ecouter le Podcast PAC

Pourquoi le Global Civilization Initiative Chinois pourrait séduire l’Afrique

Global Civilization Initiative Chine séduire Afrique
Photo Zhang Meifang @CGMeifangZhang

Lors d’un symposium sur les relations sino-ougandaises organisé par le Sino-Uganda Research Center le 13 décembre 2023 à Kampala, les autorités ougandaises, experts et professeurs d’université se sont intéressés au Global Civilization Initiative (GCI) de la Chine.

Le GCI est l’un des principaux piliers de la vision chinoise d’un nouvel ordre international. Lancée en mars dernier par Xi Jingping, le GCI « prône le respect de la diversité des civilisations, défend les valeurs communes de l’humanité, souligne l’importance de l’héritage et de l’innovation des civilisations et promeut les échanges entre les peuples du monde entier. »

La thématique du symposium à laquelle participait l’ambassadeur de Chine en Ouganda, Zhang Lizhong, portait sur « L’harmonie des civilisations et la prospérité pour tous : Engagements et responsabilités pour un monde meilleur« . Une thématique bien à propos dans le contexte ougandais.

Le symposium intervient au moment où l’Ouganda est soumis depuis août et novembre 2023 à de multiples sanctions internationales de la part de la Banque mondiale et des Etats-Unis à la suite de sa nouvelle législation contre l’homosexualité passée en mai 2023.

La rencontre a été l’opportunité pour les experts et autorités ougandais d’explorer un GCI qui prône l’harmonie dans le respect de la différence culturelle et historique des pays. L’ambassadeur de Chine en Ouganda a de son côté rappeler « le GCI lance un appel au respect mutuel, à l’égalité, à l’échange et à la coopération entre les civilisations, et s’oppose fermement à la suprématie des civilisations et à l’hégémonie et à la domination culturelles. »

Partant de ses principes et ses objectifs, le GCI a en effet de quoi séduire une grande partie des élites africaines. Le respect de la différence des civilisations qu’elle prône, rencontre les vues d’une élite africaine quelque peu lassée par l’uniformisation, l’universalisation et l’imposition de certaines valeurs socio-culturelles, qu’elles considèrent occidentales, en n’en faisant de leur respect, des conditions au sein de plusieurs institutions internationales.

Imposer des sanctions à cause des ces différences, renforce davantage la perception selon laquelle ces « valeurs » sont des instruments de domination politique et socio-culturelle. Des sanctions qui produisent l’effet contraire, non seulement elles ne conduisent pas à une adoption de ces valeurs au sein des sociétés africaines, mais elles renforcent aussi l’image d’une Afrique qui doit s’aligner derrière les normes et « valeurs occidentales ». Pour illustrer cela, la suspension des prêts par la Banque Mondiale a conduit Kampala à se tourner vers Pékin pour trouver un financement à l’expansion de son infrastructure internet.

C’est sans compter la perception que donne ces sanctions. Elles communiquent un certain manque de respect. Un déni de l’Afrique ou de ce pays à suivre son chemin et à laisser l’évolution sociale faire son travail en temps voulu.

Du reste comment ne pas ressentir ce manque de respect dès lors que ces valeurs ne sont pas exigées aux puissants pays musulmans du golfe et du moyen-orient, pourtant alliés du monde occidental. Leur puissance économique et géopolitique leur confère t-il un passe-droit sur ces valeurs? Comment ne pas donc y percevoir le double standard et une simple volonté de s’imposer sur des petits pays africains faibles.

Le GCI chinois a le mérite de communiquer un sens du respect dont ont longtemps été privé les pays africains. Respect des différences culturelles, sociales et historiques. Différences sociales qui ne devraient pas conduire à la classification de certaines sociétés comme étant plus évoluées que d’autres en fonction de l’acceptation ou du rejet de certaines valeurs sociales.

L’élite africaine qui évoque de plus en plus son identité historique et culturelle, qui est fière de ses traditions ancestrales et qui se trouve à bien des égards, aux antipodes de plusieurs valeurs présentées aujourd’hui comme universelles, trouve dans le respect des différences civilisationnelles, un lieu de respect et d’affirmation de son droit de se choisir sa propre voix à suivre.

Et c’est en cela que la CGI et que d’autres initiatives chinoises – Global Development Initiative et Global Security Initiative – fondées sur le respect de la souveraineté nationale et la non-ingérence dans les affaires intérieurs d’un pays, pourraient trouver un échos favorable dans une Afrique en mutation.

C’est ainsi que la Chine pourrait trouver en l’Afrique, un allié et un partenaire objectif, dans le combat pour l’émergence d’un nouvel ordre international multipolaire.

C’est quoi le Projet Afrique Chine

Indépendant

Le Projet Afrique-Chine est fondamentalement independent, non-partisan et ne fait la promotion d’aucun pays, compagnie ou culture.

Actualité

Une sélection minutieuse des articles les plus importants de la journée sur la Chine et l’Afrique. Mise à jour 24 heures sur 24 par des rédacteurs humains. Pas de robots, pas d’algorithmes

Analyses

Des points de vue divers, souvent non conventionnels, d’universitaires, d’analystes, de journalistes et de diverses parties prenantes du débat Chine-Afrique.

Réseau

Un réseau de professionnels unique, composé de chercheurs, d’analystes, de journalistes et d’autres acteurs de la Chine et de l’Afrique du monde entier.