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Ce que la réticence de la Chine à financer les infrastructures au Nigeria nous révèle

Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari.

Nous attendions que les Chinois nous accordent les prêts que nous avions demandés, et jusqu’à aujourd’hui, ils n’ont pas répondu”, ce bout de phrase lâché par Rotimi Amaechi, ex-ministre des transports et candidat à la prochaine présidentielle de février 2023 au Nigéria, résume en elle-même le désarroi que connaissent les autorités nigérianes face aux réticences de la Chine à financer les projets d’infrastructures promis par le parti au pouvoir. 

Alors que le deuxième et dernier mandat du président Muhammadu Buhari arrive sa fin, ce dernier fait face à des d’infrastructures inachevées ou à la construction suspendue; plaçant son parti en position délicate en vue de la présidentielle de 2023.  

La faute à une Chine qui a réduit ses prêts à l’Afrique et qui a pris ses distances avec le financement des grands projets d’infrastructures ; un marché jadis juteux pour les entreprises et financiers chinois.

Les changements de l’économie chinoise et l’accumulation de la dette par les pays africains ont fini par convaincre Pékin à changer son fusil d’épaule et à réajuster son approche. 

Fini le financement des grosses infrastructures ! Fini les grosses prises de risque. Une décision qui a plongé plusieurs pays, comme le Nigéria, dans le désarroi. La situation du Nigéria met en lumière deux éléments :

La dépendance à la Chine et l’absence de sources alternatives de financement .

  • Dépendance à la Chine en matière d’infrastructure: Plusieurs pays africains avaient fini par développer une dépendance à la suite des financements faciles et rapides qu’offrait Pékin. Une dépendance fondée sur l’évaluation quelque peu naïve que l’engagement de la Chine en Afrique obéissait à une logique essentiellement politique sur fond de rivalité avec les puissances occidentales.

Et qu’ainsi tant que l’on offrait l’accès aux ressources naturelles – dont la chine a besoin pour soutenir sa croissance économique -, un marché pour ses entreprises et garantissait un soutien politique au sein des organisations internationales, Pékin continuerait à déverser aveuglement des milliards de dollars sur le continent. 

Comment ne pas y croire dès lors que ces prêts n’étaient conditionné à aucune réforme politique et de gouvernance dont ces leaders africains sont souvent réfractaires ? Et plus encore, lorsque les médias et politiques occidentaux voyaient (et voient toujours) en la présence chinoise en Afrique, une menace pour leurs intérêts géopolitiques.

De la trajectoire économique de la Chine et de ses changements, et des objectifs financiers qui motivaient le financement de ces grosses infrastructures, on en semblait moins soucieux.

Une insouciance ou ignorance qui n’a pas permis de percevoir l’autre pendant de l’engagement chinois en Afrique: Celui d’une entité purement économique en quête de gains et de profits. Une entité qui, lorsque les projets ne sont pas rentables, les délais et retards s’allongent, les risques se multiplient et que les prêts ne sont pas remboursés, décide d’arrêter les financements… car réellement soucieuse du retour sur investissement.

L’expérience nigériane et la récente réticence de Pékin à financer de grosses infrastructures sur le continent devraient servir d’avertissement aux autres pays africains. Le temps est venu de créer un environnement propice pour des financements viables et solides pour nos infrastructures.

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