Le projet de parc textile que le groupe chinois Shengtai envisage d’implanter au Maroc a franchi une étape en Chine. Le 15 août, les autorités de la province du Hunan lui ont accordé un certificat d’investissement à l’étranger ainsi qu’un avis d’enregistrement auprès de la commission chargée de la réforme et du développement. Ces validations permettent au groupe de poursuivre la préparation de son implantation marocaine.
L’investissement pourrait atteindre environ 246 millions de dollars. Ce chiffre représente toutefois une enveloppe maximale : le montant définitif dépendra des dépenses engagées au cours de la réalisation du projet.
Shengtai prévoit de construire un parc industriel textile présenté comme « vert », destiné à fabriquer des fils de coton, des tissus et des vêtements haut de gamme. Cette base doit renforcer les capacités de production internationales du groupe et compléter sa chaîne d’approvisionnement hors de Chine.
Le projet n’est pas récent. Les organes de gouvernance de Shengtai l’avaient approuvé lors de réunions organisées en mars et avril 2025, ouvrant la voie à la conclusion d’un accord d’investissement avec le Maroc. Ses principales caractéristiques avaient ensuite été communiquées à la Bourse de Shanghai.
Malgré les autorisations obtenues dans le Hunan, la réalisation du complexe reste incertaine. D’autres procédures doivent encore être achevées et Shengtai reconnaît que la conjoncture économique, l’évolution du marché textile, la gestion du chantier ou les difficultés éventuelles de partenaires pourraient entraîner un retard, une modification, voire l’abandon du projet. Une hausse des capacités sans débouchés suffisants pourrait également peser sur les résultats financiers du groupe.
Le montage financier n’est pas définitivement arrêté. Shengtai envisage de mobiliser ses fonds propres, de recourir à des emprunts bancaires ou de combiner plusieurs sources de financement. Une construction progressive devrait limiter la pression immédiate sur sa trésorerie. Le projet apparaît donc avancé sur le plan réglementaire chinois, mais son exécution effective dépendra des autorisations restantes, du financement et des perspectives commerciales du secteur textile mondial.
POURQUOI C’EST IMPORTANT: Cet investissement s’inscrit dans la nouvelle trajectoire des relations sino-marocaines, désormais marquées par des investissements massifs chinois dans le royaume chérifien. Du textile aux véhicules électriques en passant par l’industrie pneumatique, les investissements chinois au Maroc sont diversifiés et riches. Le Maroc expérimente ce que beaucoup de pays d’Afrique subsaharienne espèrent voir.




