Le 7 juillet 2026, les Forces armées soudanaises ont annoncé avoir abattu un drone chinois FH-95, également désigné CH-95, sur l’axe routier reliant Bara à Omdurman, à l’ouest de Khartoum. L’incident illustre la place croissante prise par les systèmes sans pilote dans la guerre qui oppose l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide depuis avril 2023.
Selon les informations disponibles, l’interception aurait été menée par un drone de combat turc, le Bayraktar Akıncı. L’opérateur du FH-95 détruit n’a pas été officiellement identifié. Les Forces de soutien rapide (FSR) restent néanmoins les seuls utilisateurs connus de ce modèle au Soudan, ce qui conduit les observateurs à leur attribuer probablement l’appareil. Cette prudence demeure importante dans un conflit où l’origine des drones, leurs bases d’opération et leurs chaînes de commandement sont souvent difficiles à vérifier de manière indépendante.
Construit par Aerospace Times Feihong Technology Company, filiale du groupe public chinois China Aerospace Science and Technology Corporation (CAS), le FH-95 est un drone de moyenne altitude et longue endurance. Il est conçu pour assurer des missions de reconnaissance, de guerre électronique et de frappe. Doté de quatre points d’emport, il peut transporter des munitions guidées et rester en vol pendant plus de vingt-quatre heures.
La présence de ce système dans l’arsenal des FSR était signalée depuis plus d’un an. Plusieurs informations régionales avaient alors indiqué les Émirats arabes unis comme la voie d’approvisionnement la plus probable. Sans preuve publique définitive, cette hypothèse souligne néanmoins l’internationalisation du conflit soudanais, alimenté par des équipements étrangers et des réseaux de soutien qui renforcent les capacités militaires des deux camps. Elle montre aussi comment la rivalité technologique entre fournisseurs étrangers se transpose désormais directement dans le ciel soudanais.
POURQUOI C’EST IMPORTANT: La présence de drones chinois dans l’arsenal des forces rebelles qui combattent le gouvernement de Khartoum, alors que Pékin entretient d’excellentes relations avec le Soudan, mérite d’être relevée. Bien que n’ayant pas été livrés directement par Pékin aux FSR — ils auraient été livrés par les Émirats arabes unis —, leur usage par le FSR a de quoi frustrer Khartoum face à Pékin. Face aux accusations de soutien à la rébellion, la réaction de Pékin est facilement anticipable: elle a livré ces drones de façon régulière aux forces armées émiraties, et n’a aucun pouvoir de contrôler ou de dicter l’usage qu’elles en font.






