La Côte d’Ivoire entraîne ses pilotes en France en vue de l’arrivée, d’ici à la fin de 2026, d’avions d’entraînement et d’attaque légère K-8 Karakorum fabriqués en Chine. La formation se déroule sur une base française près de Rochefort. Le programme, qui doit se poursuivre jusqu’en 2027, combine des vols d’instruction et des séances sur simulateur.
Cette formation est financée par la France dans le cadre de sa coopération de défense, tandis que l’enseignement est assuré par Grob Aircraft France, filiale du constructeur allemand Grob. Les pilotes ivoiriens s’entraînent d’abord sur des appareils turbopropulsés avant de passer progressivement aux caractéristiques de vol des avions à réaction.
Ce dispositif illustre une stratégie d’acquisition hybride et un multilatéralisme de la Côte d’Ivoire. Abidjan mise sur du matériel chinois, réputé plus accessible et disponible plus rapidement, tout en conservant des standards de formation européens. Cette combinaison doit permettre à l’armée de l’air de diversifier ses fournisseurs sans renoncer à son partenariat historique défensif et à sa coopération sécuritaire avec la France.
Le choix d’une formation en Europe répond aux difficultés rencontrées lors d’une phase organisée en Chine. Les barrières linguistiques entre instructeurs chinois et pilotes francophones auraient limité l’efficacité de l’apprentissage, conduisant le commandement ivoirien à rechercher une solution mieux adaptée.
L’achat des K-8 s’inscrit dans un contrat de défense chinois plus large, négocié en 2024. Celui-ci comprendrait des hélicoptères et des drones d’attaque, même si les quantités et les modèles n’ont pas été rendus publics.
Cette montée en puissance bénéficie d’un effort budgétaire particulièrement important. En 2025, la Côte d’Ivoire a consacré plus de 1 200 milliards de francs CFA, soit environ deux milliards de dollars, à la défense et à la sécurité.
L’objectif est de bâtir une force aérienne complémentaire : les avions King Air équipés pour la surveillance et les drones européens doivent fournir le renseignement, tandis que les K-8 et les futurs hélicoptères offriraient une capacité de frappe rapide contre les menaces opérant dans le nord du pays.
POURQUOI C’EST IMPORTANT: L’approche ivoirienne est l’exemple d’une posture d’un pays qui refuse de choisir entre ses partenaires. Dans la construction de sa force aérienne, Abidjan parle autant aux Français qu’aux Russes et aux Chinois auprès desquels elle s’approvisionne aussi en hélicoptères de combat. Le cas ivoirien devrait inspirer plusieurs pays sur le continent qui entendent marquer cette autonomie de choix.




