L’Éthiopie a vu ses exportations de café vers la Chine progresser rapidement, portées par une demande croissante et par les mécanismes d’accès au marché mis en place par la Chine. Selon l’Association des exportateurs de café d’Éthiopie, les volumes exportés vers la Chine sont passés de 4 000 tonnes en 2018 à 34 300 tonnes en 2024, faisant de la Chine le troisième marché du café éthiopien, contre la septième ou huitième place il y a encore quelques années.
Cette progression est présentée comme l’un des résultats de la participation éthiopienne à la Foire internationale des importations de Chine (China International Import Expo, CIIE), que Pékin met en avant comme une plateforme d’accès privilégié au marché chinois pour les exportateurs africains. À l’approche de la neuvième édition de la foire, Addis-Abeba cherche déjà à capitaliser sur de nouvelles opportunités commerciales, alors que la Chine s’apprête, à partir du 1er mai, à accorder un tarif douanier zéro à 53 pays africains entretenant des relations diplomatiques avec elle.
Pour les autorités chinoises, cette combinaison d’ouverture tarifaire et de promotion commerciale vise à renforcer la présence des produits africains sur le marché chinois. Depuis son lancement en 2018, la CIIE a réuni des participants de plus de 180 pays et généré plus de 580 milliards de dollars d’intentions d’achats, selon ses organisateurs. Cinquante-et-un pays africains y ont pris part, avec des mesures spécifiques de soutien aux pays les moins avancés, notamment des stands gratuits, une assistance logistique et des subventions.
Au-delà du café éthiopien, Pékin met en avant une diversification progressive des exportations africaines vers la Chine, citant par exemple les ananas béninois récemment introduits sur ce marché. Des responsables chinois présentent cette dynamique comme s’inscrivant dans les ambitions d’industrialisation et de diversification économique portées par l’African Union et son programme Agenda 2063, tout en mettant l’accent croissant sur le commerce dans le cadre du partenariat sino-africain.
POURQUOI C’EST IMPORTANT: L’agriculture est l’un des principaux leviers sur lesquels s’appuient la Chine et les pays africains pour combler le déficit commercial sino-africain, qui s’élevait à 61 milliards de dollars en 2025. À la veille de l’entrée en vigueur de la politique d’exonération des produits africains en Chine, plusieurs pays du continent mettent en place des stratégies pour accroître leur présence sur le marché chinois. Le défi majeur sera phytosanitaire, compte tenu des exigences chinoises.




