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Sénégal: Le rôle des entreprises chinoises dans le projet Smart Senegal

Smart Senegal safe City chinoises
NICOLAS ASFOURI / AFP

Au Sénégal, la transformation numérique des villes s’accélère grâce au programme « Smart Senegal », dont le projet « safe city » constitue l’un des piliers. Derrière cette ambition de modernisation se dessine une architecture technologique et sécuritaire largement soutenue par des partenaires étrangers, au premier rang desquels figurent des entreprises chinoises.

Le cœur du dispositif repose sur des solutions de surveillance intégrées, notamment le système U-Safety développé par ZTE. Déployé dans plusieurs dizaines de pays, ce système combine caméras de vidéosurveillance, logiciels d’analyse de données et interconnexion avec les systèmes du ministère de l’Intérieur. À cela s’ajoute l’équipement des forces de sécurité en smartphones utilisant la technologie eLTE, leur permettant de filmer des incidents, partager des informations en temps réel, se géolocaliser et communiquer via des réseaux sécurisés.

Parallèlement, Huawei joue un rôle clé dans le développement des infrastructures numériques du pays, incluant les centres de données, la fibre optique et d’autres composantes essentielles à l’écosystème des villes intelligentes. Ensemble, ces technologies visent à renforcer les capacités opérationnelles des forces de sécurité et à améliorer la gestion urbaine.

Le financement du projet illustre également l’importance du partenariat avec la Chine. La première phase de « Smart Senegal » repose sur un financement d’environ 150 millions de dollars, accordé sous forme de prêt concessionnel par la China Eximbank, complété par des subventions. Le projet est structuré selon un modèle « clé en main », couvrant l’ensemble des étapes, de la conception à la maintenance des infrastructures. Ce type de financement bilatéral permet un déploiement rapide, mais renforce aussi la dépendance technologique vis-à-vis des fournisseurs étrangers.

Sur le plan institutionnel, le projet était piloté au plus haut niveau de l’État, par le président Macky Sall. Sa mise en œuvre est coordonnée par Sénégal Numérique SA, en étroite collaboration avec le ministère de l’Intérieur, principal bénéficiaire du dispositif. Un large éventail d’acteurs publics — police, gendarmerie, services d’urgence — est mobilisé au moyen d’un système de centres de commandement, qui permet la centralisation des informations et la prise de décision en temps réel.

Si ces infrastructures promettent des gains en matière de sécurité et d’efficacité urbaine, elles soulèvent également des questions relatives à la gouvernance des données, à la transparence des contrats et à l’équilibre entre sécurité et libertés publiques. À l’image d’autres pays africains, le Sénégal explore ainsi un modèle de « smart city » où l’innovation technologique et les enjeux politiques restent étroitement imbriqués.

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