La marine d’Afrique du Sud a entamé samedi avec des navires de la Chine, de la Russie et de l’Iran des exercices navals conjoints que Pretoria nie être une démonstration de force mais une réponse indispensable à des tensions maritimes croissantes.
Les exercices baptisés « Volonté de Paix 2026 », dirigés par la Chine, sont ouverts aux Brics+. Ces manœuvres, qui réunissent plusieurs adversaires des Etats-Unis, doivent durer une semaine.
Ils commencent peu après la saisie dans l’Atlantique-Nord d’un pétrolier battant pavillon russe par Washington qui affirme qu’il transportait du brut à destination du Venezuela, de la Russie et de l’Iran en violations de sanctions occidentales.
Cette saisie est elle-même intervenue peu après l’enlèvement à Caracas du président vénézuélien Nicolas Maduro par l’armée américaine lors d’une spectaculaire opération militaire.
Ces exercices sont « une démonstration de notre détermination collective à travailler ensemble », a déclaré le capitaine de vaisseau Nndwakhulu Thomas Thamaha, un des commandants de la force opérationnelle conjointe déployée à cette occasion.
« Dans un environnement maritime de plus en plus complexe, une telle coopération n’est pas une possibilité, elle est essentielle », a-t-il ajouté précisant que les manoeuvres visaient à « garantir la sécurité des routes de navigation et des activités économiques maritimes ».
Le groupe des Brics+, acronyme des initiales de ses premiers membres – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud – s’est depuis élargi à l’Egypte, l’Ethiopie, l’Iran, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et, plus récemment, à l’Indonésie.
La Chine et l’Iran ont déployé des destroyers tandis que la Russie et les Emirats arabes unis ont envoyé des corvettes. L’hôte sud-africain dispose d’une frégate.
L’Indonésie, l’Ethiopie et le Brésil sont présents en tant qu’observateurs.
Auparavant appelées « Exercice Mosi », ces manoeuvres étaient prévues en novembre, mais avaient été reportées en raison du sommet du G20 qui se tenait à la même période à Johannesburg. Ce report n’avait pas empêché Washington de boycotter le sommet, le premier de l’organisation à se tenir en Afrique.
Le président américain Donald Trump a accusé les Brics de mener des politiques « anti-américaines » et menacé ses membres de leur infliger un supplément de 10% sur les droits de douane qui leur sont déjà imposés.
En plus d’une prétendue « persécution » des Afrikaners – les descendants des premiers colons européens -, l’administration américaine a plusieurs fois reproché à Pretoria sa proximité avec Moscou et sa plainte pour « génocide », déposée devant la Cour internationale de justice (CIJ), visant Israël pour sa guerre à Gaza.
Par ailleurs, Washington a expulsé l’ambassadeur d’Afrique du Sud aux Etats-Unis et imposé aux produits sud-africains concernés 30% de droits de douanes, les plus élevés parmi les pays d’Afrique subsaharienne.
L’Afrique du Sud avait été la cible de critiques en 2023 pour avoir – déjà – accueilli des manœuvres navales avec la Chine et la Russie, coïncidant avec le premier anniversaire de l’invasion russe en Ukraine.
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