Depuis 2022, la Sierra Leone fait face à une crise sanitaire liée à la consommation croissante d’une drogue de synthèse nommée « kush » fabriquée grâce à des précurseurs chimiques en provenance de Chine.
Cette substance, largement répandue en Afrique de l’Ouest, est principalement composée de nitazènes, des opioïdes synthétiques extrêmement puissants, et de cannabinoïdes synthétiques. Les nitazènes, apparus sur les marchés mondiaux en 2019, sont connus pour leur forte toxicité et leur potentiel létal élevé.
Le processus de fabrication du kush en Sierra Leone implique l’importation de précurseurs chimiques en provenance de Chine, commandés via des sites en ligne tels qu’Alibaba. Ces produits chimiques sont ensuite mélangés dans des laboratoires clandestins situés à Freetown, la capitale, pour produire un liquide psychoactif. Ce liquide est vaporisé sur du matériel végétal destiné à être fumé sous forme de kush.
Ce sont les conclusions publiées dans un rapport publié récemment par le Clingedael Institute, un think tank néerlandais, basé à La Haye, spécialisé sur les questions internationales, la diplomatie et la géopolitique.
L’ampleur de cette crise a conduit le président sierra-léonais, Julius Maada Bio, à déclarer le kush comme une épidémie nationale. Un groupe de travail a été mis en place pour lutter contre ce fléau, mettant l’accent sur la prévention et le traitement, en collaboration avec les forces de l’ordre et les communautés locales.
La situation en Sierra Leone illustre les défis posés par l’émergence rapide de drogues de synthèse en Afrique de l’Ouest. La chaîne d’approvisionnement, reliant la production de précurseurs chimiques en Chine à la fabrication locale du kush, souligne la dimension internationale de ce problème de santé publique.
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- Clingedael Institute: Kush in Sierra-Leone, West Africa’s Growing synthetic drug challenge





